11.12.2008
Eels
Que faire de sa vie quand on a les lunettes d’Elvis Costello, la tronche renfrognée, qu’on est galbé comme Woody Allen et qu’on a la voix éraillée ? Chanteur de Eels !
Après deux albums solos anecdotiques, Mark Olivier Everett, dit E monte Eels, groupe dont les membres vont rapidement être interchangeables, à l’exception de son pote, le batteur Jonathan « Butch » Norton. Le premier album, « Beautiful Freak » sort en 1996 sur le label nouvellement fondé par Jurassik Spielberg, Nirvana Geffen et un certain Jeffrey Katzenberg. Aussitôt, carton plein. « Novocaïne For the Soul » en tête. Sorte de power pop aux comptines boiteuses, il s’avère dès le départ très efficace. Et surtout, il fait preuve d’un talent assez fabuleux pour écrire des ballades mélancoliques qui se retiennent à la première écoute. En 1997, E perd sa mère suite à un cancer des poumons et sa frangine se suicide.
Il sombre alors en dépression, mais pond tout de même son album le plus intéressant. « Electro-shock Blues », teinté de blues, de hip-hop, de pop déglinguée, développe son sens de la mélodie dépressive tout à fait remarquable et nous conte ses douleurs, ses souffrances liées à ses drames familiaux.
Son troisième album, « Daisies of the galaxy » se veut plus léger, plus acoustique, malgré une intro qui pourrait servir de musique à un cortège funèbre. Il contient son lot de perles pop, et donne à l’arrivée un album assez réussi.
C’est ensuite que les choses se gâtent. E va se perdre, avec Parish pour un album bruyant et à moitié raté, « Souljacker », puis seul pour un album blues relativement anecdotique, « Shootenanny », et enfin, le gargantuesque et ennuyeux (car trop gargantuesque) « Blinking lights and other revelations ». Ce disque ambitieux utilise des cordes, des orchestrations complexes, mais c’est sûrement là qu’il se perd. La simplicité immédiate de « Beautiful freak » fait défaut, et la longueur de l’album, double, vous fait décrocher en cours de route. Mais, là où E est très fort, c’est qu’à chaque album, même les plus mauvais, il parvient à placer au moins deux ou trois morceaux absolument magiques et fabuleux, à la beauté mélodique évidente qui laisse espérer qu’un jour, il reviendra à sa formule gagnante.
Il existe deux live, pas forcément indispensables, plus une poignée d’autres dans le circuit plus confidentiel.
A noter enfin que cette année est parue une double compilation. L’une sous la forme d’un simple Best of, intéressante car elle présente, en plus du « meilleur » (çà se discute) de Eels, quelques titres parus çà et là, comme notamment « I need some sleep », fabuleuse chanson écrite pour Shrek 2, l’autre sous la forme d’un double réunissant des raretés, des live (la reprise de Prince postée il y a deux jours), des remix, nettement plus intéressante à mon goût.
Pour vous faire une idée, je vous propose d’écouter un extrait de chacun des trois premiers albums, un peu plus bas.
Bref, si Eels n’est probablement pas un groupe historique, il s’agit tout de même d’un groupe très intéressant, qui voyage au gré de ses envies, en toute modestie, et c’est suffisamment rare pour s’y intéresser.
15:01 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : eels



Commentaires
Rudement intéressant tout ça. Je me plonge fissa dans les albums que tu cites.
Écrit par : Titam | 12.12.2008
Bons bidouilleurs d'audio et puis des gens qui utilisent et crapulisent le mellotron peuvent pas être mauvais... je connaissais de nom mais peu la ziq. Allez je me fais trois playlist Deezer, l'histoire de m'initier aux trois albums sus-cités... à suivre
Écrit par : ptilou | 12.12.2008
Écrire un commentaire