14.07.2009
CHARLES MINGUS
Né en 1922, Mingus aura une enfance difficile. Battu par son père et rejeté par l’extérieur, il trouvera un peu de réconfort auprès de sa belle mère, seconde épouse de son père.
Il découvre Ellington, alors que la musique, chez ses parents, étaient uniquement religieuse, et apprend le trombone, puis, rapidement, se dirige vers le violoncelle. Il prend également des cours de piano, ce qui l’amènera très rapidement à la composition. En 1943, il fait la connaissance d’Eric Dolphy et de Dexter Gordon, et fonde sa première formation en 1944. Il commence à enregistrer rapidement, mais sans véritable succès.
D’abord tourné vers un jazz relativement traditionnel, sa musique va devenir au fil du temps de plus en plus complexe et originale. Malgré plusieurs engagements, il est contraint de prendre un petit boulot de facteur pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1951, il croise à nouveau le chemin de Miles Davis, mais cette fois-ci plus durablement. Ils graveront quelques perles au sein de la même formation. A cette époque, il croise également plusieurs musiciens de renom comme Max Roach, Charlie Parker, Duke Ellington, Sonny Stitt, ou Horace Silver.
Dans le même temps, il fonde son label « Debut », avec Max Roach, qui fermera ses portes quelques années plus tard. Il affirme son caractère et affine son style, très débridé mais paradoxalement très écrit. Malgré tout, il est obligé d’accepter de nombreux engagements, le succès n’étant toujours pas au rendez-vous. Par ailleurs, son caractère violent et intransigeant l’empêche de travailler plus. Sa musique déroute, car elle est difficile à exécuter et relativement éloignée des règles habituelles du jazz. Il favorise la virtuosité orchestrale à la virtuosité instrumentale.
Il finit par graver « Pithecanthropus Erectus » considéré comme la pierre angulaire de son travail. Il trouve là le point de départ de la perfection qu’il ne va presque plus le quitter jusqu’à la fin de sa vie. Il enchaînera avec notamment « The Clown », « Tijuana Moods » et ses espagnolades, « Ah Hum », « Mingus Dinasty », « Oh Yeah », ou encore l’incroyable « Black Saint and the sinner lady », longue mélopée qui navigue entre la musique de polar et le flamenco. Cette série incroyable de Chef d’œuvres complexes et pourtant ancrés dans les racines du jazz et du blues est tout bonnement incroyable. Au sein de sa musique, on peut ressentir la colère, la mélancolie, mais aussi la hargne de réussir et d’imposer sa musique et sa vision de la composition. Il parvient à faire sonner des formations somme toute restreinte comme des orchestres et glisse le chaos au milieu d’une mélodie pourtant évidente.
Par la suite, il va continuer à tourner énormément et à enregistrer plusieurs disques, notamment Live, témoins d’une formation très au point, maîtrisant parfaitement son sujet.
Après une pause de 2 ans, il revient en 1970 et grave notamment le fabuleux « Fables of Faubus ». Il reprend la route et enchaîne disques et concerts. En 1977, il est atteint d’une sclérose amyotrophique qui finira par le clouer dans un fauteuil roulant, mais il continuera à jouer et à enregistrera. Il meut en 1979 au Mexique.
« Epitath » sa composition la plus complexe, faite de plusieurs mouvements sans thème récurrent et longue de deux heures ne verra pas le jour de son vivant.
On ne compte plus les artistes qui ne soient pas issus du jazz qui ont été influencés par Mingus, de Zappa à Radiohead (sur l’album Kid A…) et aujourd’hui encore, sa musique apparaît comme étant d’une modernité assez impressionnante.
La série « Le Monde du Jazz » prend fin ces jours-ci, avec, en avant dernier, un hommage, forcément trop court, à l’immense Charles Mingus.
07:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : charles mingus



Commentaires
Mingus, absolument IMMENSE... ♥♥♥
Dans la pochette du premier album de Zappa, Freak Out, près de 200 artistes sont mentionnés pour leur contribution à la musique, pas seulement des musiciens. Mingus figure dans une colonne avec les références zappaiennes Stravinski, Varèse...
Ecrit par : Phil | 14.07.2009
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