11.09.2009

The Beatles remasterisés

Comment aborder l’une des œuvres qui a le plus marqué l’histoire de la musique enregistrée sans dire et redire ce qui a déjà été écrit des milliers de fois ? A vrai dire, je ne sais pas. C’est d’ailleurs pour çà que je ne parlerais pas des albums, ou de l’histoire du groupe. Que l’on aime ou pas les Beatles, il est impossible de nier leur influence sur la musique de ces 50 dernières années, au même titre que Dylan, les Stones, ou dans une moindre mesure, les Doors ou le Velvet. En l’espace d’une dizaine d’années (à peine), ils ont gravé quelques-uns des disques les plus historiques. Les légendaires Sgt Peppers, White Album, Abbey Road ou Let it Be, par exemple. Qu’ils aient été ou pas les génies décrits un peu partout depuis ces nombreuses années n’a guère d’importance en fait. Les Beatles restent le seul groupe à avoir créé une telle émulation d’autour d’eux. Ce que l’on a appelé à l’époque la « Beatlemania » était un phénomène nouveau. Même Elvis n’avait pas emmené autant de monde autour de lui. Aux States, en Angleterre ou en France, le résultat était le même, on frisait l’émeute à chacune de leurs apparitions. Enfin, bref, lorsque l’annonce a été faite à propos de ces albums remasterisés, l’euphorie fût quasi générale.

 

De mon côté, les Beatles représentent la musique paternelle, au même titre que les Pink Floyd. A la différence près que j’écoute beaucoup de disques des Floyd par nostalgie, alors que les Beatles, c’est aussi et surtout par goût. Toutes périodes confondues, avec une préférence pour les albums qui suivront « Rubber Soul ».

 

J’ai donc résisté une journée. Je passerai sur les détails de mes démarches pour obtenir les fonds nécessaires à l’acquisition de ce coffret, et je ne ferai pas non plus une revue détaillée de chaque disque. D’abord parce que tout le monde ou presque les connaît, et puis aussi parce que je ne les ai pas encore tous écoutés.

 

Tel un gosse au pied de son sapin de noël, j’ai ouvert le coffret, les mains moites et tremblantes. Depuis le temps que j’attendais une intégrale potable et homogène, je l’ai enfin ! J’ai très longtemps été sceptique face aux remasterisés. Souvent, à part un volume amplifié, les différences peinaient à se dévoiler. Et, dernièrement, la réédition d’« Harvest » du Loner m’a littéralement bluffé. Redécouverte totale du disque, à tel point que j’en parlerai sans doute sous peu. Du coup, j’y suis allée plus confiant qu’à l’accoutumée. Les premières écoutes se passèrent au bureau, sur mon PC de boulot, alors, autant vous dire qu’à part le packaging soigné, l’ensemble ne m’emballait pas plus que çà. Et puis, je glisse « Abbey Road » dans la bagnole. Et là, déjà, ce n’est plus la même chose. Malgré le moteur et les bruits ambiants, on sent une clarté criante. Evidemment, un volume toujours amplifié, mais on sent bien qu’il y a autre chose. Les instruments sont TOUS cristallins. Je survole le  « White Album », mais là, la surprise est moindre, ayant déjà une version remasterisée, sortie il y a quelques années pour fêter les trente ans de l’album. Malgré tout, je sens bien que quelque chose se passe. Bref, hier soir, j’ai écouté « Abbey Road » trois fois, comparant chaque titre avec mon ancienne copie (oui, je dis déjà ancienne copie….). Et là, il faut bien admettre que sur du matériel approprié, c’est la claque. Quel son ! Tout est clair, chaque instrument se détache, alors que les anciennes versions souffraient souvent d’un son un peu étouffé.

 

Evidemment, les chansons sont les mêmes et ceux qui n’ont jamais aimé les Beatles ne changeront pas d’avis pour autant, mais pour les fondus comme moi, c’est tout simplement confondant de clarté. Ici, c’est dans le détail que çà se joue… « Ah bon, ils ont doublé la basse sur ce titre ? », « Ah bon, la note de la guitare durait aussi longtemps ? », « Ah bon, les chœurs étaient aussi profonds ? Lennon chantait aussi sur ce titre ? ». Bref, à chaque titre sa surprise, je vous laisse les découvrir par vous-même. « I want you » dont la production était un peu plombée gagne en légèreté, et que dire des 20 minutes de la face B, où là-aussi les détails se multiplient.

 

BeatlesStereoBox.jpg

Je ne vous cache pas que je suis très impatient de découvrir où en est aujourd’hui « Let It Be », l’album le plus mal produit de leur discographie à mon avis, et ce que peut donner « Strawberry Fiels » avec un casque et les yeux fermés.

 

Au rayon des bémols, évidemment le prix (et encore, pour la version mono, il faut allonger une quarantaine d’Euros supplémentaires, avec pourtant moins de disques, mais le disquaire m’a dit que la maison de disques avait justifié cet écart de prix par la rareté de l’objet…). Une cinquantaine d’Euros en moins, eut été de bon aloi, car au-delà des livrets papier glacé, et des nouvelles notes ou photos, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Autre déception, les textes. Personnellement, j’aurai aimé qu’ils figurent dans les livrets car si lors des premières années, les textes du groupe n’étaient pas folichons, ils ont pris de l’épaisseur à partir de « Rubber Soul », et plus encore à partir de « Revolver » et pour les anti-anglophone comme moi, çà aurait été un plus non négligeable. Pas de commentaire concernant le DVD fourni uniquement dans les coffrets qui comprend un mini documentaire pour chaque album en V.O. sous titré (à la différence des albums à la pièce ou le documentaire sur Quick Time n’est pas sous titré) car je n’ai pas encore eu le temps de le voir.

 

Bref, mon banquier a lancé un chasseur de têtes à mes trousses, ma femme a demandé le divorce et mon gosse n’aura pas de noël cette année, mais tout cela se fera en musique, c’est déjà çà de pris !

Commentaires

Une chronique intéressante sur AllMusic :
http://blog.allmusic.com/2009/8/31/a-splendid-time-is-guaranteed-for-all-the-beatles-remastered/

Ecrit par : ptilou | 16.09.2009

tres intiresno, merci

Ecrit par : Nina_Tool | 19.09.2009

beaucoup appris

Ecrit par : Nina_Tool | 19.09.2009

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