19.06.2008

Talk Talk, Mark Hollis & Ludwing Van B.

Il y a des flammes qui ne s’éteindront jamais. En 1998, j’ai découvert le disque de toute une vie. La mienne. On demande souvent quel disque emporterait-on sur une île déserte. Pourquoi un ? Mais bon, admettons. Puisqu’il le faut, je me suis finalement décidé. Un jour. En 1998.

 

A la lecture d’un article consacré au nouvel album de Mark Hollis, dans un magasine branché, la chronique parlait d’un disque solo sublime, acoustique, qui dépasse le cadre de la pop, qui marquerait blablabla…. Mouais. Mark Hollis. L’ancien chanteur de Talk Talk.

Revenons en arrière, Talk Talk, c’est un chanteur à bonnet rouge, qui chante « Such a shame », chanson dans la mouvance new-ave, pop anglaise, bien ficelée, que j’aimais bien, mais bon, pas de quoi se réveiller la nuit. Alors, du coup, moi qui, à cette époque me relève à peine de découvertes telles que Sonic Youth, My Bloody Valentine ou Pavement, l’album solo du leader de Talk Talk, je le prends un peu de haut.

 

Et puis, chez le disquaire, je tombe dessus, pochette étrange, et noir et blanc, sans inscription ou presque, d’une sobriété exacerbée… Alors, c’est plus fort que moi, je le prends. Il me faut savoir ce que contient ce soi-disant chef d’œuvre acoustique.

 

De toute ma vie, et malgré mes passions pour Neil Young, Nina Simone, et quelques autres dont les qualités ne sont pas forcément à démontrer, je n’ai jamais pris un disque dans la gueule de cette manière. Les seize secondes de silence qui entament le disque semblent résonner, aussi étrange que cela puisse paraître. Un piano ensuite, un murmure. Ce disque est une ode au murmure. On croirait Satie ressorti du monde des morts, avec une voix bouleversante en plus… Et ce souffle divin qui navigue sur le disque, car enregistré, en direct, mais surtout, avec micros, pas le moindre jack ne sortant d’un instrument. Sont convoqués guitares sèches, piano, mais aussi bois de tout poil, trompette et percussions, batterie muette ou presque. Bref, chaque instrument n’a parfois qu’une note à jouer, à une place bien précise, comme s’il ne pouvait en être autrement, et le tout s’embrasse avec une majesté éblouissante.mh.gif

Le titre du premier morceau est un rappel de l’antépénultième album de Talk Talk, « The colour of spring » comme pour enterrer l’aventure. « Watershed », second morceau du disque achève de me laisser pantois. A la 34ème seconde du morceau, on entend tout à coup une corde crisser sous le poids du glissement d’un doigt changeant d’accord. Ce son traverse alors mon épine dorsale, et je me sens prêt à fondre en larmes. La suite coule de sources, on y entend très vaguement de la pop, un peu de jazz, de classique période Satie. Mark Hollis a quitté ses habits de Cousteau, mais navigue de plus en plus dans le monde du silence. Car du silence, ce disque en regorge.

Je ne sais pas combien de fois je vais écouter ce disque les jours qui vont suivre. Pendant près d’un mois, il n’y aura que celui-ci dans ma platine.

 

Un mois plus tard, à la médiathèque de chez moi, je loue les deux derniers disques de Talk Talk, « Laughing Stock » et « Spirit Of Eden », et là, c’est tout un monde qui s’écroule à jamais. Je prends mes idées reçues dans la tronche, et Mark Hollis london_mhollis.jpgme glisse gentiment de me les tailler en pointe. Deux albums plus électriques, mais où le silence y est apprivoisé, une fois de plus, avec maestria. Une musique où l’on oublie tous les codes de la pop, où l’on s’approprie l’espace temps, où l’on rêve d’un monde meilleur…

 Sur la première vidéo, "I believe in You", on aperçoit pour la dernière fois Talk Talk réuni, où Mark Hollis n'en a visiblement plus rien à faire des médias, il se contente vaguement de bouger les lèvres, mais ne prend même pas le soin de faire semblant de jouer de la guitare, ce vaste cirque ne l'intéresse plus vraiment...

Dix ans après, où en suis-je avec Mark Hollis ? Toujours au même point. Je sais que ces trois disques seront présents jusqu’à la fin de ma vie, c’est une évidence. Je sais également que j’aimerai m’éteindre calmement, avec cette musique, et qu’on m’envoie dans les flammes, de l’enfer ou pas, mais avec cette musique.

 

Mark Hollis lui, a cessé, depuis, toute relation avec le monde de la musique. Il vit sur les rentes que lui offrent ses premiers succès, et joue de la musique en famille. Après avoir fait des études de musicologie, il a enregistré un disque qui semble être le point final d’une quête de la note absolue, et même s’il travaille vaguement sur des rééditions à venir de Talk Talk, il en a finit avec toute cette industrie qu’il a conchié les dernières années de sa vie artistiques. Bonne route.

 

Quant à moi, je ne me suis pas relevé de cette première écoute. Mieux qu’une découverte, ce fût une révélation.

 

« La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et tout philosophie » disait Ludwig Van Beethoven. Il devait parler de Mark Hollis.

 

Un extrait de son album solo, "The colour of spring"

Ainsi que "Watershed"...

22.05.2008

THE DEAD C

Aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je suis en grè... Ah bah non, tiens, je bosse. Bon, je recommence. Aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je ne paye pas mes imp…. Ah bah non, tiens, faut que je pense à remplir ma déclaration d’impôts. Bon, aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je suis sorti de mon appartement, tous frais payés, de 250 m² et je…. Ah bah non, tiens, en plus, faut que je casque mon loyer pour mon 55 m². Merde, je vais finir par trouver. Aujourd’hui comme tout bon fonctionnaire, je suis sorti dans la rue, et tout allait bien, j’étais entouré de gens charmants, les flics m’ouvraient la route, les gens me souriaient, me laissaient passer, me félicitaient, me… Ah bah non, tiens, ce matin, sur le périph’ noir de monde, un mec m’a traité de connard, tout çà parce que j’ai refusé de me coller au cul de la bagnole de devant pour que le blaireau de derrière puisse gagner 5 secondes sur son planning.

Alors, finalement, pour oublier tout çà et ne plus entendre le fracas persistant du monde extérieur, j’ai glissé l’album de THE DEAD C, et croyez moi, on relativise ensuite.

 

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Pas grave, car en bon fonctionnaire, j’ai pu prendre un café jusqu’à environ 09 h 30 de l’après-midi en comptant les bagnoles rouges qui passaient dans la rue au lieu de recevoir le public. J’ai pu bénéficier d’un repas gratuit au frais du contri… Ah non, tiens, je l’ai payé mon sandwich…

Mais alors, finalement ? Moi, fonctionnaire, je ne suis peut-être pas un animal ? Ni Elephant man ? Si çà se trouve, je suis un être humain. Comme les autres ! La vache, çà fout les miquettes.

 

05.05.2008

CA TEUTONNE?

Ah…. L’Allemagne. En voilà un pays à peu près aussi excitant qu’une endive trop cuite dans sa béchamel tournée. Avant, il y avait la RDA et la RFA. Le mur écroulé, l’Allemagne réunifiée s’est construite une identité… Mais bon, si on devait retenir quelque chose de l’Allemagne culturellement ? Certes, Lang (Fritz hein, pas Jack, un peu de sérieux tout de même….), certes Goethe, certes Ruben, certes Beethoven, mais bon, Derrick aussi, la choucroute aigre de nos dimanches foirés, l’accent tue l’amour qui vous transforme la plus belle des sirènes en routier moustachu pas sympa qui veut vous conter fleurette sur le bord de la route entre deux saucisses… Bref, ce n’est pas pour dire, mais les allemands cumulent. Et musicalement, c’est carrément catastrophique. Une tornade, un tsunami, les big-bang du mauvais goût. Comme si nous n’avions pas assez des nôtres, il a fallu qu’ils exportent leurs boutonneux. Tokyo Hotel. Rien que le nom me donne envie de torturer des chatons au fond d’une baignoire.

Question bouffe, c’est souvent aussi fin que culturellement… Au menu, charcuterie, patates et charcuterie. Le tout noyé sous un tonneau de houblon bien épais. La bière là-bas, n’est bonne que si elle est consommée directement dans un bocal.

Je sais, j’exagère, je crache des clichés mousseux qui sentent le graillon, mais il faut bien reconnaître que les Allemands, çà fait un moment qu’ils ne pondent plus grand chose. Pourtant, il y eut une époque ou les Teutons étaient bons. Surtout en musique. A la fin des années 60 et au tout début des années 70 par exemple. C’est environ à cette période que vit le jour le krautrock. Je ne m’étendrais pas sur l’histoire de ce mouvement, vous avez le lien qui le fera mieux que moi.

Tout çà pour dire que l’Allemagne, j’y suis allée trois fois. Et à part le fait que j’ai longuement peloté ma copine au fond du car scolaire lors de mon dernier voyage, que j’ai vomi deux repas sur trois, qu’on s’est fait coursé, moi et mon pote, par des fachos (je ne considère pas tous les allemands comme des fachos, très loin de là), que j’ai écouté ce qui se fait de pire en techno et que j’ai pris une cuite mémorable parce que j’ai bu un tord boyau maison à jeun, le matin en me levant, je n’ai pas gardé grand-chose comme souvenirs. Si ce n’est qu’en allant en Allemagne, nous sommes passé par la frontière Belge (et oui, à l’époque, il y avait encore des frontières….), et que la première chose que j’ai vu en entrant en Belgique, c’est un panneau STOP. Posé à l’envers. Comme quoi, l’Allemagne, c’est pas terrible, mais y’a pire ailleurs.

 

 

 

30.04.2008

BOB DYLAN & The Band - The Basement Tapes

Vous connaissez l’histoire de « THE BASEMENT TAPES » ? Tout commence en 1967, au fond de la cave d’une maison louée par quelques membres de « The Band », back band officiel du gars Dylan. Ensuite ? Ben, ensuite, j’en sais rien, étant donné que je n’ai pas été capable de déchiffrer les notes du disque. De même que je ne vous en propose pas d’extrait, tout simplement parce que j’en ai pas trouvé. Avouez que c’est une bonne raison. En tout cas, j’aime beaucoup. Son brut et blues. Voilà voilà… Bon, ben du coup, je vais vous parler d’autre chose, histoire que vous ne vous soyez pas déplacé pour des prunes.

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Ce midi donc, profitant d’une budgétisation de Mamie, je me rends au disquaire du coin pour y acheter la dernière nouveauté qui va bien. Et puis bon, ben, faut bien avouer que rien ne me passionne en ce moment, du coup, je flâne, virevolte, et navigue au milieu des rayons. Je m’arrête sur Dylan, et tombe sur ce disque dont j’avais une copie, fournie par une âme bien intentionnée, mais qui a été plus ou moins pulvérisée par mon adorable bambin. Allez, tiens, je le prends….Par acquis de conscience, je vais voir le vendeur :

« Bonjour sympathique vendeur,

-         Bonjour sympathique client,

-         Vous avez un rayon musique expérimentale, concrète….

-         Euuuhhh, non, ici, j’ai pas la clientèle pour.

-         Allons bon, le neuf cube, ce tiers monde Français n’a donc pas le droit à un peu de culture ?

-         Vous cherchez quelqu’un en particulier ? »

Après avoir demandé deux groupes qui figuraient aux illustres inconnus sur son ordinateur, je m’en retourne dans les rayons, à la recherche d’autre chose quand tout à coup !!!!!!!!! Musique de Bernard Herrmann (ouais, j’aime bien, çà fait suspense un peu, non ?) Le vendeur me dit : « C’est pas vous qui m’avez acheté le WHY ? il y a un mois ?

-         Ouais ouais, lui répondis-je d’un ton assez étonné.

-         Ben, j’ai une place en rab’ pour le concert de ce soir, çà vous dit ?

-         Euuuuhh, ben, c’est gentil, mais je ne vais pas pouvoir…

-         Ah ? (l’œil humecté par l’incommensurable douleur que n’a pas manqué de lui provoquer ma réponse, telle une lame tranchant dans le vif une bavette à l’échalote (faîtes revenir les échalotes jusqu’à les faire roussir, puis les retirer aussitôt, sinon, elles noircissent, et c’est dommage !).

-         Ben, ouais, je suis père de famille, mais c’est gentil quand même…. »

Et là, soit je suis vraiment son seul client intéressant, et c’est quand même un peu inquiétant, soit je plais beaucoup aux homos, et c’est quand même un peu inquiétant…. Non pas que j’ai le moindre grief contre les homos, non, ce qui me chiffonne, c’est que j’ai toujours eu beaucoup de succès avec les hommes. Je veux dire, proportionnellement à celui que j’avais avec les femmes.

Bref, non seulement mon fils a ruiné ma copie des BASEMENT TAPES, m’obligeant ainsi à les acheter, il me fait louper un concert de WHY ?, mais en plus, je remets en cause ma sexualité ! C’est ingrat, les enfants.

PS: Ah ben si, finalement, j'en ai trouvé un extrait...

23.04.2008

JANDEK

Il faut bien le reconnaître, il y a des choses moins accessibles que d’autres. Il y a des choses moins faciles que d’autres. La notion de plaisir est vaste. Le plaisir que l’on prend à boire lorsqu’on a vraiment soif n’est pas le même que celui que l’on prend lorsqu’on boit l’apéro entre potes.

En musique, c’est un peu la même chose. On ne prend pas le même plaisir à écouter un truc qui se sifflote sous la douche qu’un truc vraiment difficile à appréhender à cause d’une oreille pas forcément prête à çà.

Du coup, lorsqu’une oreille peu aguerrie tombe sur Jandek, la première fois, et pourquoi pas, la dixième fois, l’accroche n’est pas immédiate. Et 9 fois sur 10, l’accroche ne se fera jamais d’ailleurs. Je ne connais pas grand-chose de Jandek, comme beaucoup. D’ailleurs en sait-il lui-même plus que moi sur son compte, c’est loin d’être sûr. Et si je n’écoute pas sa musique sous la douche ou le soir en rentrant du boulot pour me détendre, il n’en reste pas moins qu’elle m’intrigue. De l’art brut, m’a-t-on dit. Qu’est que l’art brut ?

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_brut

Soyons franc, je ne sais pas vraiment. Toujours est-il que Jandek, du coup, s’envisage d’un point de vue artistique, mais plus vraiment d’un point de vue musical. Encore une fois, je ne connais rien ou presque de ce grand bonhomme maigrichon et spectral si ce n’est sa discographie gargantuesque dont je connais à peine le quart (et encore…).

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Jandek, c’est l’antithèse d’à peu près tout ce que je connais. Sonic youth qui couche avec Dylan, Scott walker qui se vautre dans le chaos, Gérard Lenorman qui splitte avec Slayer… (non, je déconne, c’est pour faire enrager une connaissance…). Ici, point de mélodie, d’accord majeur, mineur ou adolescent, point d’harmonie, point de rupture. Voilà. Jandek, c’est un point de rupture. De la musique improvisée sur de la poésie qui m’échappe (ne parlant l’anglais que sous la torture…). Bref, je m’arrête là pour ce qui est de la description, je vais dire des âneries.

Toujours est-il que lorsqu’il entre en scène (pour le peu de concerts qu’il donne…) on le croirait tout droit sorti d’un western post moderne tourné en Pennsylvanie. Clint Eastwood sous l’œil de Jarmush, Dylan vu par Murnau. La musique commence, et peu à peu, on perd ses repères, on entre en terrain, certes hostile pour beaucoup, aride et effrayant pour d’autres, mais indéniablement fascinant. Après une heure de concert, peut-être éprouvant, on ressort du visionnage en ayant eu l’impression d’assister, au-delà du concept de musique et de concert, à une expérience rare et intense. Et c’est finalement ce que veut véhiculer jandek, en tout cas, je le crois. La musique n’est pas qu’une question d’art mineur, de beauté lumineuse, et d’accords cristallins, c’est aussi une rencontre, une expérience.

 

Le site de JANDEK: http://tisue.net/jandek/

20.04.2008

THE VELVET UNDEGROUND - Sunday morning

Je n'aime pas le Dimanche matin. D'abord parce que, lorsqu'on se réveille, on sait qu'il s'agit du dernier jour avant de reprendre le boulot. Ensuite parce que, se réveiller un dimanche matin, c'est se rapprocher un peu plus du grand voyage (bah oui, une journée de plus dans la suire!)

C'est se dire que j'aurai pu profiter encore quelques heures à dormir au lieu de rédiger une note à la con que personne ne va lire puisque tout le monde est assez raisonnable pour continuer à dormir!

Lou Reed et ses copains du velvet ont bien compris mon problème. Sur les images, lorsque l'on voit ses yeux, on sait qu'il a encore sommeil, et que non, définitivement, le dimanche matin, c'est fait pour dormir.

En plus, maintenant que je suis debout, je vais devoir aller chercher des croissants et à bouffer pour ce midi.

Bon, à part çà, le Velvet underground, c'est vachement bien, la face du rock'n roll a définitivement été changée après leur passage, bla bla bla...

 Parfois, j'oublie un peu que je suis censé tenir un blog musical, et donc dispenser des conseils pointus.

 

14.04.2008

SONIC YOUTH - SCHIZOPHRENIA

Ce matin, j'allais bosser, avec toute la joie nécessaire à cette entreprise. Les oiseaux chantaient, l'air était pur, j'avais du pognon plein les fouilles, et l'avenir devant moi.

 Sonic Youth me chantaient quelques merveilles au creu de l'oreille avec toute la douceur qui les caractèrise tant, le début de semaine me criait haut et fort (un peu de pub à l'hébergeur, çà fait pas de mal!): "Tu as 5 jours devant toi pour t'accomplir entièrement dans ce job qui te passionne tant", avec, devant moi, le petit papier où j'ai inscrit la devise de notre cher président: "travailler plus pour gagner plus". L'âme légère, je me rendais dans cette ville que j'aime tant et qui....

 Bon, ok, j'étais sur le périph, dans les embouteillages, c'était le merdier total, le ciel était gris, et je me disais: "putain, la merde, faut aller bosser", alors que Merinos était encore tatoué sur mon front, quand tout à coup, une bagnole fait une queue de poisson à une autre. La conductrice qui vient de subir l'affront descend de la caisse (en plein périph'!) remonte jusqu'à celle de devant, fout des grands coups de pompes dans la portière, et des grandes baffes dans la vitre. L'autre, au volant, reste impassible jusqu'à ce que l'énervée de service remonte, comme si de rien n'était dans sa bagnole....

 Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai tout de suite pensé à cette chanson...

 



Demain, j'écouterai un truc plus zen...

10.04.2008

BOB DYLAN - Ballad of a thin man

Comment aborder Bob Dylan ? Enfin, comment l’aborder et être intéressant ? Et surtout, quoi dire qui n’ait pas encore été dit ? Et bien… Je n’en sais rien, d’autant que Dylan, je vais être franc, je ne m’y intéresse que depuis quelques mois, et qui plus est, tout ne me passionne pas dans sa discographie. Loin s’en faut. Du coup, il ne me reste plus qu’à me poser des questions qui n’ont jamais été posées (pas à ma connaissance du moins…) Est-il encore capable de nous émouvoir ? Est-il aussi pertinent qu’il l’a été ? Est-il slip ou caleçon ? Est-il au courant que ce soir, je mange des pâtes au gruyère ?

Moi, BOB DYLAN, je l’écoute beaucoup depuis neuf mois environ. Avant cela, j’y allais à reculons, y retournais fréquemment sans être véritablement convaincu. Je sentais bien que le bonhomme était incontournable sous bien des angles, mais, impossible de m’y plonger vraiment. Et puis, au détour d’une promo chez l’agitateur de portefeuilles, je me suis acheté la fameuse trilogie. « Highway 61 revisited », « Blonde on Blonde », « Subterranean homesick blues ». Pour la modique somme de 18 €, y’avait vraiment pas de quoi se priver de l’occasion de découvrir. Et puis, au milieu de toutes ces chansons magnifiques, l’un d’entre elles m’a sauté à la tête comme une paire de pompes au visage d’une fondue de shopping un jour d’ouverture des soldes. « Ballad of a Thin Man », une gifle, une évidence.

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Je l’aurai bien mise en écoute, mais il paraît que l’on commence à fermer les blogs qui proposent de la musique en écoute… En voilà une bonne idée tiens. C’est vrai, il nous restait presque plus que çà pour découvrir des choses intéressantes, nous voici donc tous condamnés à traîner dans l’UNIVERS SALE de Pascal Nègre. Et bien moi, je vous l’annonce tout de suite, plutôt crever la gueule sur le bitume que de lui acheter un seul de ses disques à ce marchand de soupe populaire. Mais le pire, c’est qu’avec toutes ses filiales, je suis sûr que je lui file du blé malgré moi ! Alors, je m’insurge contre le capitalisme musical de merde qui nous fait croire qu’acheter un CD à moins de 9 € en réédition spéciale avec tout plein de bonus dedans « Bruel chante sous la douche, Pagny chante sous la neige, Obispo chante sous l’âgé, M Pokora chante sous la pré-pubère » et des images de la réalisation de l’album « regardez bien ma rolex, tas de branques, c’est vous qui la payiez », c’est nous faire une fleur parce que normalement, çà coûte cher un CD vu qu’il faut rembourser l’enregistrement, la promotion, le marketing, la Cadillac , les restos, les draps en soie, la villa et toutes ces sortes de choses si vitales pour la création artistique.

Comment faire survivre l’âme de Dylan dans ces conditions (je sais, je saute du coq à l’âne), et bien, c’est Cabrel qui détient la solution en massacrant reprenant le Zim, en le traduisant, en faisant d’un diamant brut, une pierre d’un mauvais faussaire, et le bougre le fait à chacun de ses disques maintenant. Et le pire, c’est qu’il garde dans le coin de sa tête un projet où il reprendrait, le temps d’un album, l’œuvre de Dylan. Tout un album. Imaginez donc. Une autoroute sans fin, parsemée de cactus, de tortures, de souffrances sans fin et d’agonie finale. Cabrel, c’est un peu Attila le fléau de Dieu. Le Dieu Dylan. Cabrel, le fléau de Bobby. Où Cabrel passe, la sensibilité musicale ne repousse pas, elle trépasse, et se plombe dans un désert sans frontière, se morfond dans les entrailles de l’enfer.

Pour terminer, deux choses :

Un forum sur Bob Dylan.

Et “Ballad of a Thin Man” en live et en video, parce que çà, je peux encore le faire.

 

 

07.04.2008

SUN KIL MOON - April

Il ne vous aura pas échappé que le nouveau SUN KIL MOON est sorti. Et qu'en plus, il est magnifique. Evidemment, je pourrai vous parler de la bagnole qui s'est encastrée ce matin dans une autre bagnole, gentiment stationnée, qui ne demandait rien à personne juste parce qu'il y avait deux millimètres de neige au sol. 51zI1bD1VuL._SS500_.jpgCar c'est vrai, se prendre pour un michael schumarer quand on a le talent d'un jean Alesi, c'est à coup sûr finir façon Senna.

Mais non, je préfère vous dire que le plus surprenant là-dedans, ce n'est pas qu'un tocard se mette sur le carreau avec sa caisse, ni même que la neige, sur Paris, avec trois flocons, çà fout un merdier incroyable, mais plutôt que le nouveau SUN KIL MOON, April, même s'il est de saison, est étrangement hivernal. Par contre, comme je suis un mec pas sympa du tout, je ne vous mettrai pas d'extrait de ce nouveau disque...parce que j'en ai pas trouvé. Alors, voici deux titres de SUN KIL MOON, mais qui n'ont rien à voir avec le nouvel album. En tout cas, une chose est sûr, MARK KOZELEC n'est pas rentré dans une bagnole ce matin, et pour çà, au moins, c'est un gars bien.

 

28.03.2008

KELLY DE MARTINO - Honest

KELLY DE MARTINO ne travaille pas dans l’administration, et heureusement pour elle.

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Elle aurait sombré dans la fainéantise la plus totale, se levant à des heures indues pour ne se pointer au « boulot » que vers les 11 heures du matin. Bien sûr, elle aurait sans doute pu bénéficier d’avantages substantiels tels qu’une exonération total des impôts, un droit sur toute les lois, une mise à disposition, pour un prix dérisoire d’un appartement de 300 m², un salaire mirobolant frisant le P.I.B. de la Belgique et surtout, la possibilité de ne rien faire d’autre que de boire du café toute la journée.

11 h 30 : arrivée sur son lieu de travail avec MERINOS tatoué sur le front, et toujours en pyjama.

11 h 32 : Pause café / cigarettes, car il faut savoir se ménager.

12 h 00 : Enfin un peu de répits, l’heure du déjeuner au bistrot du coin.

13 h 30 15 h 34 : Retour chancelant au bureau les yeux jaunes et plein de sommeil.

15 h 36 : Je glisse le nouveau KELLY DE MARTINO
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dans mon lecteur, et je me laisse emporter… Une reprise des Beatles en plage 3, « Long, Long, Long » vient me conforter dans l’idée qu’il s’agit d’un des plus beaux disques entendus en ce début d’année, feutré et accueillant, classe et lumineux. Guitares boisées à tous les étages, voix éthérée, ambiance façon MAZZY STAR.

16 h 20 : Houlà là, il va bientôt être l’heure de rentrer. S’agirait pas de faire une minute de rab’. On se prépare donc en rangeant tranquillement ses dossiers magazines.

17 h 00 : Enfin l’heure de la délivrance sonne. Je vais pouvoir reprendre le chemin de la maison et me reposer pour, demain, être à nouveau prêt à défendre les intérêts de la France.

Bien sûr, on pourrait croire que l’administration ne fait, malheureusement, qu’appliquer des lois édictées par des nabots en talonnettes affublé d’une endive macaroni, et que, si elles sont stupides pour les usagers, elles le sont également pour ceux qui les appliquent.

On pourrait croire que dans l’administration, il y a autant de sombres crétins que dans les autres corps de métiers, mais étant donné que les usagers sont plus souvent confrontés à eux qu’aux autres, çà a tendance à se remarquer plus.

On pourrait croire tellement d’autres choses, mais non, restons plutôt avec nos idées reçues, c’est tellement plus commode. Et puis au moins, on peut se dire que KELLY DE MARTINO n’aurait jamais pu faire ses sessions acoustiques si elle avait été fonctionnaire.

 

 

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