23.11.2009

GODSPEED YOU BLACK EMPEROR!

Silence. Les ombres sans soleil regardent par-dessus les épaules. Les paysages désolés ont souvent plus d’attraits qu’un arc-en-ciel évaporé. Godspeed You Black Emperor ! fût, avant d’être une roue libre, un collectif bâtisseur de cathédrales en déconfiture. Les espaces sonores brillant de noir ne semblaient exister que pour encourager l’automne, pour accompagner l’hiver et décourager le printemps. Les étoiles du label seront toujours recouvertes index2002_r1_c1.gifd’un nuage sans fin, grisonnant d’orage ou de pluie fine. Cette averse de violoncelles, de guitares torturées, de rythmiques langoureuses plongeait dans l’ennui absolu une bonne poignée de la planète, pendant qu’elle transcendait une autre partie. Et le reste de la planète ? Trop occupé à aduler ce que le Québec a produit de pire.

Le temps de deux albums et d’un EP, Godspeed You Black Emperor ! fit du Post-rock une musique émotive, qui l’emportait sur le cérébralisme rampant. La suite sera moins brillante, moins intéressante.

Un vieillard sur une plage se souvient, un évangéliste harangue la populace, des arpèges effleurés, presque silencieux, et des progressions qui n’en finissent pas. La musique de Godspeed You Black Emperor ! se bâtit sur les cendres de l’existence. Sans couplet ni refrain, sans retour en arrière, sans rétroviseur. Tout part d’un point A pour en venir à un point B, tout naît, se débat dans une course effrénée, et s’il y a quelques accès de répit, quelques moments posés, ce n’est que pour courir à nouveau jusqu’à la fin. Cette fin qui nous attend tous. Que l’on calanche au Brésil, en France, au Québec ou ailleurs, le lieu du rendez-vous est le même pour tous.

 

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Parfois, la pression est trop forte, et le voyage se termine en plein vol. Ces espaces sonores qui oscillent entre 10 minutes et la demi-heure font appel à l’imagination, font appel à votre courage, votre ténacité. La prétention n’est pas là où tout le monde la voit, dans cette musique finalement si simple et si intense.

 

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Depuis peu, l’automne semble s’être installé durablement. Il était temps. Cà permet enfin de réécouter Godspeed You Black Emperor ! dans de bonnes conditions.

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20.11.2009

SHEARWATER

19.11.2009

ROBERT WYATT, Fidélité, et crêpes au sirop d'érable!

Lorsque j’ai pénétré… dans le magasin (bonjour les idées au-dessous de la ceinture, si vous croyez que je n’ai pas repéré certains de vos regards libidineux signifiant une envie incommensurable que je vous raconte ma vie sexuelle…) dans le magasin, je venais chercher une clé USB. Ben oui, une grande enseigne qui fait de l’électroménager, de la hi-fi ou du matériel informatique quoi…. Et puis, tiens, ils ont un rayon disque. Sans me faire d’illusion, je me dis, tiens allons jeter un œil. Et là, je suis interloqué par certains tarifs… 3 € certains CD, et pas des fonds de tiroirs… Je fouille un peu plus. Et là… le coffret Stéréo des Beatles à 189 € au lieu des 220 € un peu partout… La vache ! Je continue, et sur les coffrets, proportionnellement à leur taille, il y a entre 10 € et… 60 € de différence. Du coup, je vais voir un vendeur.

 

Vous avez le coffret de Robert Wyatt ?

Ah non, ici, je vends pas ce genre de trucs.

Bon, tant pis.

Ouais, mais je peux vous le commander.

Non, ben, c’est pas grave, je l’aurai ailleurs…

Attendez, je regarde…

Moi, je peux vous l’avoir pour… 40 € !

 

Robert Wyatt lui-même en serait tombé de sa chaise ! (c’est d’un goût çà !) Bref, je passe commande, et récupère la bête une semaine après. Je vois déjà les gros yeux de mon disquaire favori qui crie à l’infidélité. Et si je compte bien lui rester fidèle au vu de ce qu’il parvient à me dégoter, au vu de sa disponibilité, de son accueil, et accessoirement, de sa gentillesse (non, je ne cire jamais les pompes !), il paraît évident que lorsque l’on me propose 30 € de moins sur un même article, je n’hésite pas longtemps. Me voici donc en possession, pour finalement 29 € puisque j’ai revendu mon doublon de Comicopera dans la foulée pour 10 €, de l’intégrale ou presque de Robert Wyatt. Domino a sorti un coffret sans chichi, m’enfin, pour le prix, on ne va quand même pas demander des tonnes de bonus et un packaging ultra luxueux qui réunit l’intégrale des albums de Wyatt, à partir de Rock Bottom. Etrangement, le premier album ne figure pas dans cette intégrale, mais étant donné qu’il est trouvable pour 10 € en moyenne, ce n’est pas bien méchant. Vous pourrez lire un article concernant tout le bien que je pense de Wyatt ici, inutile de revenir sur la chose, si ce n’est pour dire qu’il est parfaitement indispensable d’écouter la discographie du bonhomme. Rock Bottom, bien évidemment, mais il ne faut pas oublier Shleep, Cuckooland, Comicopera, ni même les EP. Bref, du bonheur à venir pour mes écoutes.

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Sinon, je promets à qui de droit d’être le moins possible infidèle. En tout cas, autant que mon larfeuille me le permette !

PS: Pour ce qui est des crêpes au sucre, je voudrais encore remercier Dame Titam pour son sirop d'érable authentique, c'est délicieux. Voilà, çà n'a pas de rapport avec les crêpes au sirop d'érable, mais je me dis que de manger quelques crêpes en compagnie de Rober Wyatt, et pourquoi pas de Dame Titam, çà doit être nettement plus sympathique que de se retrouver avec les rouleaux coincés dans une tourneuse-fraiseuse! (Rarement vu une chute aussi grotesque...)

18.11.2009

LEILA ARAB

 

 

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Les destins, parfois, çà tient à pas grand chose. Leila Arab aurait pu mal finir. Très mal finir. Ellle a commencé par être clavier de Bjork, à l'époque où celle-ci composait encore de vrais chansons et où elle ne se prenait pas encore tout à fait pour la reine mère du bon goût. Sa grande soeur, quant à elle, était chanteuse pour le duo Archive, à l'époque où, eux aussi, composaient des chansons. Epoque Londinium. Bref, avec un C.V. comme celui-ci, on a tôt fait de se retrouver finaliste de la Nouvelle Star. Et puis non. Elle a préféré prendre un chemin de traverse sans regarder s'il y avait des voitures!

 

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Moi, la musique électronique, je l'aime à peu près autant que Johnny doit aimer le rock'n roll... Voyez un peu, çà situe bien l'ambiance. Pourtant, lorsque j'en chope un plus tordu que la moyenne, genre Aphex Twin, Pram, les premiers Tricky, Autechre et quelques autres, je ne dis pas non. Leila, c'est une fée qui viendrait uniquement dans le but de vous coller des migraines. Une conteuse d'histoires moches et effrayantes. Une sirène qui vous hurle au loin qu'elle a mal, mais qu'elle aimerait bien vous en parler. Pourtant, derrière un fatras électro complexe et inhospitalier, il faut bien admettre que l'on entend des mélopées pleines d'une richesse insondable dont on ne peut faire le tour en une ou deux écoutes. Elle semble prendre un malin plaisir à martyriser à peu près tous les claviers et les chanteurs qui lui passent sous la main. Mais elle est capable également de trousser des instrumentaux mélancoliques et bouleversants. En trois albums et deux EP, elle a su ériger un univers parfaitement personnel, qui demande de l'effort et de l'attention, mais qui offre en retour, un voyage au loin, comme sur une lune inexplorée, peuplée de jeunes filles vertueuses et corsées à la fois.

 

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16.11.2009

COCTEAU TWINS - Beatrix

Bon, aujourd'hui, séquence revival... Je me rappelle de ma jeunesse évanouie dans les vapeurs de l'infini... Bon, enfin, bref, de temps en temps, je replonge dans mes souvenirs. COCTEAU TWINS, c'est une de mes madeleines de Proust préférées. J'étais jeune et insouciant, j'adorais la musique déprimante. Extrait de treasure, l'album que je préfère du groupe. Souvenirs...

 

15.11.2009

JOY DIVISION

Je ne compte plus les groupes qui me sont passés au dessus du ciboulot sans que çà ne déclenche chez moi le moindre intérêt. De temps en temps, je vous parlerai donc de groupes emblématiques pour la planète, et tellement… imperméables à mes oreilles. Joy Division est un groupe historique, fondamental, précurseur et tout et tout. Sauf que… çà m’en bouge une sans réveiller l’autre. Enfin, pas tout à fait.

En live, Joy Division dépote méchamment, mais sur disque, la production étouffée sous la réverb’, la batterie un peu toc, et la voix caverneuse de Curtis me fatiguent. J’ai beau essayer régulièrement de m’y plonger, rien à faire, je m’emmerde copieux. Je préfère, haut la main, les cendres du groupe, New Order, tout du moins dans leurs premières années, car ensuite, le côté Dance Floor me fatiguera tout autant.

 

Bref, Joy Division a fortement influencé la moitié de la planète rock, mais moi, je suis resté à la porte. Et un beau matin de mai 1980, Ian Curtis a eu tout à coup conscience qu’il allait, bien des années plus tard, donner l’envie à des groupes aussi sublimes que The Editors ou Interpol de faire de la musique ! On a vu le résultat. Sa femme le retrouva dans la cuisine, jouant les pendules pour plafond !

 

Plus sérieusement, je reconnais à Joy Division un côté précurseur, inventif, je reconnais aussi le talent évident pour trousser des mélodies accrocheuses… Bref, je reconnais que Joy Division était un grand groupe. Mais un grand groupe qui m’emmerde. C’est tout.

 

14.11.2009

NEIL YOUNG - Dreamin' Man

Le nouvel album de Neil Young arrive le 7 décembre 2009. Il s'agit d'un live acoustique reprenant l'album Harvest Moon en acoustique lors de la tournée de 92. L'album s'annonce magnifique, une fois de plus depuis qu'il lui a pris l'idée de ressortir ses vieilleries Live...

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En écoute ici, le premier titre de l'album.

Neil Young - Dreamin' Man

13.11.2009

PINK FLOYD - Animals

Pink Floyd - Animals

12.11.2009

CANDI STATON

Il y a plusieurs sortes d’artistes. Ceux que la mémoire collective a oublié, et ceux que la mémoire collective aurait mieux fait d’oublier. Aujourd’hui encore, la musique black semble, à deux ou trois exceptions près, s’être arrêtée. A différentes époques selon les genres, mais tout de même. Le rap, c’est plié depuis un moment, la soul, c’est kif-kif, quant au jazz, et plus encore au blues, c’est inutile de revenir sur le sujet. Il y a actuellement du rap de merde truffé de poncifs, de clichés et de putes à oilpé pour attirer le chaland, de la soul soupe, et du rn’b torché au kilomètre, pondu par des machines sans âme, un comble pour cette musique. Bref, en vieux réac que je suis, je le dis haut et fort (petit clin d’œil à mon hébergeur préféré !), la musique black, c’était mieux avant. Autant ressortir les pieux pots qui ont fait les meilleures soupes. Candi Staton, c’est une belle poignée de perles à la fin des années 60 et au début des années 70, avant qu’elle ne se prenne les pieds dans le tapis du disco avec ses semelles compensées.

 

Il y a quelques années, cette collection de perles, toutes plus sublimes les unes que les autres, a été rééditée dans une compilation forcément indispensable. Elle a une voix chaude comme la braise, vous caresse, vous frissonne, et reprend quelques morceaux de bravoure avec une sensualité qui vous colle le sang chaud pour la journée. « In the Ghetto » prend par exemple une dimension tout autre, face à la version du King. Grosso modo, ce disque devrait être vendu avec une boîte de capotes, ou alors, pour les couples plus « légitimes », la pilule. Une galette calibrée pour passer le week-end sous la couette à remaker tout Marc Dorcel… En plus sensuel quand même ! On n’est pas des bêtes !

 

10.11.2009

THE FLAMING LIPS - In A Priest Driven Ambulance

 

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Alors que leur dernier album en date figure en bonne place dans mon top 2009 à venir, les Flaming Lips ont eu la judicieuse idée de ressortir leurs premiers albums en version vinyle impeccable. Dans ces premiers albums, on y entend, certes, les bases de ce qu'est aujourd'hui leur musique, mais dans un univers plus brutal, plus bancal. Le chant est chancelant, pour ne pas dire faux parfois. Les guitares sont punk, et surtout, la production, loin du style travaillé de Fridman, est sèche. L'album sera produit pour une bouchée de pain, en compagnie, pour la dernière fois, du futur Mercury Rev, Donahue.

Les mélodies percent parfois, dans ce capharnaüm qui frôle le punk rock, et les expérimentations sonores sont relativement nombreuses bien que balbutiantes. Si ce n'est pas le grand disque du groupe, il renferme tout de même de très bons moments qui appellent les chef d'oeuvre à venir.

Cette édition limitée vraiment belle, pour un pressage de très bonne qualité, donne en tout cas l'envie de posséder l'intégrale du groupe, une bonne fois pour toute!

 

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