08.11.2009
THE NECKS - The Royal Family
Vous avez remarqué? Nous sommes Dimanche. J'ai comme une envie de traîner. De ne rien faire. Et c'est ce que je fais de mieux.
Alors pour se mettre en jambe un peu de jazz. Enfin, pas vraiment. Un mélange. un genre. Un truc à part. the Necks, c'est l'art de vous hyopnotiser. Pour peu que vous vous accrochiez au gimmick de la basse, il ne vous lâchera plus. De tout le dimanche. Et puis, les notes de piano qui s'éparpillent... Qui ne jouent pas vraiment. Un peu comme moi. Je ne suis pas vraiment réveillé.
07:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the necks, jazz
06.11.2009
SEASICK STEVE - Man From Another Time
Les pieds dans la boue. Le drapeau sudiste en berne. Enflammé ? Pourquoi pas ? Le blues ne se conçoit pas dans un fauteuil aux murs placardés de récompenses ! Au fond d’un champ, près de son tracteur, Seasick Steve qui vit aujourd’hui en Norvège, a croisé du beau linge, de Janis Joplin à Kurt Cobain, et a produit quelques figures intéressantes telles que Modest Mouse.

Ce visage buriné, cette barbe improbable. Premier album en 2006, pourquoi avoir attendu si longtemps ? Peut-être pour avoir des choses à dire. Parce qu’il sait qu’il faut avoir des choses à dire. Et que pour avoir des choses à dire, il faut les avoir vécu. Il ne suffit pas de raconter ses vacances ou ce qu’on a clappé au petit déjeuner pour pondre de la musique. Et Seasick Steve joue du blues. Et s’il y a bien une musique qui raconte des choses, c’est bien le blues. Le blues raconte des choses, parfois même sans avoir à les dire.
Un blues qui peut réconcilier puristes, simples amateurs, et petits jeunes croyant tout savoir. On sent le folklore, les racines, le boogie, la fièvre d’un Dr John, la sincérité d’un Robert Johnson, le banjo, la rythmique du feu. Dès les premières notes, on sent bien que tout ce qui se joue au travers de ce disque n’est qu’une affaire de tripes. On joue avec, on écoute avec. Les fourmis dans les pieds qui aident à battre la mesure. Et puis la simplicité. L’essentiel. On ne court pas après les arrangements fanfreluches, on ne passe pas tout au filtre, aux effets personnels, aux efforts FM, on se contente de jouer dépouillé une musique de vieux pots qui s’avère être tout sauf de la soupe.
Une voix chaude comme un bourbon au coin du feu, sans ressentir le besoin de s’expliquer.
Bref, au milieu des sorties hype dont tout le monde parle, reparle, Seasick (pseudo improbable choisi à cause de son mal de mer…) Steve a, l’air de rien, sorti un des albums les plus intéressants et authentiques de l’année. Et pan !
07:27 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : steve seasick, blues, boogie
04.11.2009
SPARKLEHORSE
C’est l’heure. Des feuilles qui tombent, qui meurent, qui s’éparpillent au sol comme du papier mâché. Cette tapisserie bouillie, glissante comme du verglas qui se mélange aux affres de la vie citadine. Les cons de maîtres et les pauvres chiens qui les suivent et qui s’étalent tout le long d’un bitume envahi. C’est l’heure de l’horizon qui se découvre, les branchages dénudés, comme des éclairs parsemés. Tiens, on voit au loin à présent. On voit qu’on ne voit rien. Armés de béton, nous bâtissons des tombeaux ouverts pour passer le temps, pour passer l’existence à se demander s’il y a quelque chose après. On oublie de vivre. C’est con. C’est l’heure. De l’automne. Tombé cette année comme un couperet. On n’y échappera pas. Il pleut. Ah. Putain de temps ! Non, jamais heureux de ce que nous avons. Des fruits de saison ? Les quatre saisons ? Un temps de saison. La fête des morts. Putain de fête. J’ai beau chercher. Pas vu un seul mort la coupe à la main. Champagne ! Ardennes ! Partout ! Les morts s’en contrefoutent. Ils ont autre chose en terre. Halloween ! Putain de fête américaine entendons-nous. Ah ? Non. Même pas. C’est une fête celte ! Comme la plupart des fêtes que nous célébrons. Par ici, ou par là. Quand on ne sait pas, on se tait.
Mes trottoirs sont désolés ! Moi aussi. Le col remonté, il fait encore nuit. Il fait toujours nuit, finalement, non ? Bientôt Noël ! On passe notre temps à vouloir rajeunir, et on nous colle le père noël deux mois avant. Vraiment plus à un paradoxe près. Le ciel est si bas qu’on se croirait en avion. Et puis la Bretagne où que l’on soit, la pluie si fine qu’elle vous tatouerait presque la peau à trop entrer dedans. Et dans tout çà, qu’est-ce qu’on fait ? On bouffe de la nostalgie à s’en faire péter la mémoire. Pour mon compte, je ressors mes vieilleries. Financement oblige, la nouveauté est proscrite. Alors, au milieu de la poussière, on sort, on ressort, et lorsqu’une pile s’écroule, ce sont ces disques qui trônent au milieu des atermoiements.
J’aime bien Sparklehorse en cette saison. Mark Linkous est fait pour s’écrouler.
08:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sparklehorse
01.11.2009
DINOSAUR JR - Bug
Le matin, quand je me lève, j'ai mal au crâne. Tous les jours. Vous allez me dire, t'es mignon, mais ta life, on en a rien à carrer, si c'est pour lire ce genre d'âneries, il y a les Skyblogs! Pas faux. Tout çà pour vous dire qu'à l'époque où tout le monde se paluchait sur la supposé rébellion de Nirvana, il y avait des groupes au moins aussi brillant, si ce n'est plus, et au moins aussi bruyant, si ce n'est plus.
Jay Mascis et Lou Barlow au milieu des années 80 forment Dinosaur Jr, avant d'intégrer Mike Johnson. La relation houleuse des deux têtes pensantes poussera Lou Barlow à aller voir régulièrement ailleurs, notamment du côté de Sebadoh. Bref, je ne vais pas refaire l'histoire d'un des groupes indé les plus connu de la planète. Chant chancelant, accord désacordé, guitares saturées, pied au plancher, la poignée d'albums du groupe, à l'époque, ne comporte aucune faute de goût ou presque. Viendra la temps de la reformation, pour un premier album réussi, contrairement au dernier en date, littéralement indigeste.

De la période soit disant grunge (quelle belle connerie à ce propos que ce mot ridicule pour qualifier ce qui n'est rien de plus que du Punk Rock...), il ne reste plus grand chose, et avec le recul, il faut bien admettre que les groupes les plus célèbres, et leurs disques, ne valent plus tripettes. Aujourd'hui, il est grand temps de reconnaître une bonne fois pour toute que Nirvana, c'est avant tout le groupe d'un grand disque, In Utero, mais que le reste est largement en dessous de la production de Dinausor Jr par exemple, et que Pearl Jam, c'est avant tout un groupe de branquignolles, qui sont au grunge et au rock en général ce que Thierry Roland est à la pensée philosophique.
Bref, Bug est sûrement le meilleur album du groupe, simple, direct, accrocheur, et raide comme le braquemard de la Porte de Bercy se tenant prêt à nous enfiler à grands coups d'imposition!
Alors, où je voulais en venir avec mon mal de tête, hein? Et bien non, je ne comptais pas vous vanter les mérites de l'aspirine, surtout que je pourrais souffler dans le cul d'un poney, dans ces cas là, çà me ferait autant d'effet. Par contre, pour se rendre compte de ce qu'un bon mal de tête peut vous faire subir, il vous suffit d'écouter « Don't », dernier titre de l'album, et vous aurez tout compris.
09:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dinosaur jr, bug, sebadoh, nirvana, bercy, impôts, grunge, pearl jam, thierry rolland
31.10.2009
THE FEELIES - Crazy Rythms
Que dire de cet album ? L’album d’une vie ? Qui a bouleversé ma face du monde ? Que sans lui je ne serai pas tout à fait le même ? Ben non. En fait, je dois bien l’avouer, j’ai découvert ce disque il y a pas si longtemps. Du coup, j’ai profité de la nouvelle édition vinyle pour l’acheter. Grand bien m’en a pris. Cà tourne aux amphétamines, sur des chansons qui effleurent le powerpop tout en ayant encore un pied dans le punk. Je ne suis pas très fort pour les étiquettes, tout ce que je sais c’est que les ritournelles qui composent ce disque se gravent dans votre cerveau en quelques notes, sur une production sèche comme un coup de trique qui colle un coup de pompe dans le dargeot à bien des disques actuel. A tous les trouducs qui pensent avoir inventé le monde et aux petit mômes qui découvrent le rock’n roll avec les Strokes ou quelques autres groupes à la mode, je conseille vivement d’écouter cette galette. Un extrait en écoute un peu plus bas !

Ce matin, je suis donc allé chez mon disquaire favori pêché cet album merveilleux. Pensant tomber sur le gars qui répond ici au pseudo de Benoît, j’ai su de très loin qu’il n’était pas là. Une musique techno digne de la pire Dance qui soit, avec un boom boom sans vie atmosphérait les lieux avec une grâce absolument sublime. J’ai compris alors qu’aujourd’hui, le petit jeune qui s’extasiait sur « Cà m’énerve » il n’y a pas si longtemps, était présent et que du coup, je ne demanderais rien du tout sur les éventuelles nouveautés.
Par contre, la musique au niveau sonore des plus déraisonnables a lentement commencé à me coller une barre dans le haut du crâne, ce qui fait que je suis à peine resté 10 minutes dans le magasin. J’ai du me sauver presque en courant pour éviter d’avoir la tête qui explose ! Bref, le sieur Benoît est donc prié de laisser une compilation potable à ses collègues les jours où il se dore la pilule ailleurs pour pouvoir, éventuellement rendre son absence supportable avec un support musical digne de ce nom !
Parce que, acheter l’album des Feelies sur fond de musique techno de bas étage, çà fait carrément pas sérieux !
15:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : the feelies
28.10.2009
JOAN OF ARC - Flowers
Il y a des incompréhensions. Des détails sur lesquels personne ne s'arrête. 2009 prend le chemin des années passées et une fois de plus, personne ne s'est arrêté ou presque.

Pourtant, « Flowers » est probablement la plus belle réussite de Joan Of Arc depuis « The Gap ». Renouant avec les errances électroniques, les collages expérimentaux, et la pop mal troussée, Kinzella & co habillent cet album de rock et de boîtements excentriques.
Les rythmes saccadés sont monnaie courante, mais aussi les mélodies, alambiquées, se réchauffent un peu. En effet, depuis quelques années, Kinzella taillait des chansons souvent austères, pour ne pas dire froide, impossible à retenir tant la ligne partait dans tous les sens. Ici, la musique est enfin plus ramassée, et les instrumentaux, comme « Flowers » rappellent l'album de duo de guitares sorti il y a quelques années, en moins abscons. Les accords sont moins rêches, et l'ensemble sait se faire plus accueillant.
Il faut dire que la musique de Joan Of Arc était devenue difficile avec le temps. Comme toujours, c'est Kinzella qui tient la barque, pour ne pas dire l'arche de Noë tant il y a du monde autour, à commencer par son frangin, plus connu sous les traits d'Owen qui tient les fûts mais aussi la basse le temps d'un morceau. On se permet à peu près tout, mais si fasting se lance dans les expérimentations électroniques, « explain yourselves » se lance dans un presque duo voix / percussions, avec une pointe d'orgue de temps en temps. Le résultat est surprenant d'émotion. La seconde face s'ouvre sur l'écoustique et répétitif « Tsunshine » qui rappelle les passages les plus obscurs de « The Gap ». La suite est du pur Joan Of Arc, parfois lumineux, souvent abscons.
La musique de Joan Of Arc reste pour moi une éternelle énigme tant elle semble complexe et limpide à la fois. Bref, pour moi, il s'agit ni plus ni moins d'un des meilleurs disques de l'année 2009. Qui a dit le meilleur?
08:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : joan of arc, owen, tim kinzella, flowers
26.10.2009
13th FLOOR ELEVATORS
13th Floor Elevators - I've Got Levitation
envoyé par playground. - Regardez la dernière sélection musicale.
07:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 13th floor elevators
25.10.2009
SONIC YOUTH - Making of Murray Street
Un doc sur la réalisation de l'album Murray Street des Sonic Youth. Certes, ce n'est pas le meilleur album du groupe, loin s'en faut, m'enfin, c'est toujours intéressant à voir...
07:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2009
BEASTIE BOYS - ILL Communication
Pour ceux qui auraient habité sur Mars ces dix dernières années, il est bon de rappeler que la grande mode est aux rééditions. Deluxe, avec Bonus tracks, démo, Live, sifflotages sous la douche, ou grattage de testicules au saut du lit. Bref, tout est bon dans le cochon à qui l’on veut vendre et re-vendre du disque. Ne parvenant plus à écouler ses galettes au tout venant faute de piratage intempestif, l’industrie du disque compte sur les fans Hardcore de musique pour renflouer ses caisses en refilant encore et encore son catalogue, agrémenté de tout, mais aussi souvent de rien.

Voilà donc que le catalogue des Beastie Boys est réédité, évidemment remasterisé, et fourni avec des bonus plus ou moins alléchant. Dans la foulée, la version vinyle des albums est également éditée. Et c’est à cela que je voulais en venir. Car, tout le monde connaît les Beastie Boys ! Inutile de présenter ces branleurs du Hip Hop, tantôt old school, tantôt précurseurs de la fusion, souvent géniaux, enfin, au moins jusqu’à Hello Nasty. Après, ils sont devenus vieux, et un peu à la ramasse. En attendant de les voir peut-être sortir la tête de l’eau, il est toujours bon de se replonger dans cette discographie énergique, festive, mais également revendicative.
Il y a quelques âmes très mal intentionnées que je ne nommerai pas qui ont parié que j’allais craquer, et me payer la version vinyle de « Ill Communication ». Entre nous, les Beastie Boys, c’est l’archétype même du groupe fait pour être écouté en vinyle, et le fait est que çà doit claquer quelque chose de commak, mais les finances étant méchamment en bernes, je n’aurai pas le loisir de me payer cette édition Ô combien intéressante, en vinyle 180 grammes, pour un prix tout à fait correct. Les paris vont bon train, chacun misant sur le planning de l’éventuel forfait. Je parie qu’il va craquer dans deux semaines, moi, je parie que c’est pour dans deux jours, et moi, je parie qu’il est déjà parti l'acheter! Autant vous dire que je suis absolument courroucé de voir une poignée d’@mis qui, au lieu de me soutenir dans l’adversité, se gausse grassement de mon éventuelle faiblesse !
BONJOUR LA SOLIDARITE EN CARTON !
07:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : beastie boys, hip-hop
21.10.2009
VAN MORRISON - Tupelo Honey

Mon fils, un homme, çà ne pleure pas, çà reste droit dans ses bottes, fier et vaillant. Mon fils, un homme ne défaille pas, il est, il reste. Il incarne. Un jour, tu écouteras Tupelo Honey, de Van Morrison, cet ex-Them, qui pendant quelques années va enfiler les chef d'oeuvre comme d'autres des perles. Ce mélange de folk, de soul et de pop, totalement singulier, et cette voix résolument majestueuse se dévoilera à toi, comme un ciel qui s'ouvre après un orage et te laisse encore l'espoir d'entrevoir le soleil. A l'époque, il a trouvé refuge à Woodstock, la ville, qui, si elle n'avait connu ce festival de babos, serait toujours aussi méconnue. Et c'est pendant cette retraite presque monastique qu'il va accoucher de ce disque lumineux. Un disque qui donne autant des fourmis dans les jambes que la chair de poule. Mais tu sauras resister! Car tu es un homme!
Enregistré en 1971, ce disque sonne pourtant très jeune, et surtout, il respire le plein air. Si l'on se fie à la pochette, on voit Van Morrison assis sur une barrière, entouré de sa femme, de son chat et de son cheval, près d'un bois. Mon fils, si tu regardes autour de toi, tu pourras être entouré de ta femme, de ton chat, mais surtout, d'immeubles et de béton. Alors, il te suffira de plonger dans ce disque à corps perdu pour sentir un souffle bucolique s'emparer de toi, t'étreindre, te réconforter, car c'est un bon disque, c'est vrai, mais un beau disque, heureux, apaisé et serein!
Alors, tu resteras là, fier d'écouter cette musique précieuse, et tu ne sourcilleras pas, tu ne lâcheras pas la moindre émotion, car tu es un homme mon fils!
Ou alors, tu feras comme moi, tu écouteras « You're my woman » trois fois d'affilée à chaque fois que tu écouteras ce disque, et tu auras la gorge nouée, l'émotion à fleur d'Iris, prêt à lâcher tes larmes comme autant de fleuves éperdus. Et tu auras raison, car tout çà, c'est des conneries! Etre un homme, mon fils, c'est savoir ressentir, éprouver et vivre!
08:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : van morrison, tupelo honey, woodstock



