23.04.2008

JANDEK

Il faut bien le reconnaître, il y a des choses moins accessibles que d’autres. Il y a des choses moins faciles que d’autres. La notion de plaisir est vaste. Le plaisir que l’on prend à boire lorsqu’on a vraiment soif n’est pas le même que celui que l’on prend lorsqu’on boit l’apéro entre potes.

En musique, c’est un peu la même chose. On ne prend pas le même plaisir à écouter un truc qui se sifflote sous la douche qu’un truc vraiment difficile à appréhender à cause d’une oreille pas forcément prête à çà.

Du coup, lorsqu’une oreille peu aguerrie tombe sur Jandek, la première fois, et pourquoi pas, la dixième fois, l’accroche n’est pas immédiate. Et 9 fois sur 10, l’accroche ne se fera jamais d’ailleurs. Je ne connais pas grand-chose de Jandek, comme beaucoup. D’ailleurs en sait-il lui-même plus que moi sur son compte, c’est loin d’être sûr. Et si je n’écoute pas sa musique sous la douche ou le soir en rentrant du boulot pour me détendre, il n’en reste pas moins qu’elle m’intrigue. De l’art brut, m’a-t-on dit. Qu’est que l’art brut ?

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_brut

Soyons franc, je ne sais pas vraiment. Toujours est-il que Jandek, du coup, s’envisage d’un point de vue artistique, mais plus vraiment d’un point de vue musical. Encore une fois, je ne connais rien ou presque de ce grand bonhomme maigrichon et spectral si ce n’est sa discographie gargantuesque dont je connais à peine le quart (et encore…).

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Jandek, c’est l’antithèse d’à peu près tout ce que je connais. Sonic youth qui couche avec Dylan, Scott walker qui se vautre dans le chaos, Gérard Lenorman qui splitte avec Slayer… (non, je déconne, c’est pour faire enrager une connaissance…). Ici, point de mélodie, d’accord majeur, mineur ou adolescent, point d’harmonie, point de rupture. Voilà. Jandek, c’est un point de rupture. De la musique improvisée sur de la poésie qui m’échappe (ne parlant l’anglais que sous la torture…). Bref, je m’arrête là pour ce qui est de la description, je vais dire des âneries.

Toujours est-il que lorsqu’il entre en scène (pour le peu de concerts qu’il donne…) on le croirait tout droit sorti d’un western post moderne tourné en Pennsylvanie. Clint Eastwood sous l’œil de Jarmush, Dylan vu par Murnau. La musique commence, et peu à peu, on perd ses repères, on entre en terrain, certes hostile pour beaucoup, aride et effrayant pour d’autres, mais indéniablement fascinant. Après une heure de concert, peut-être éprouvant, on ressort du visionnage en ayant eu l’impression d’assister, au-delà du concept de musique et de concert, à une expérience rare et intense. Et c’est finalement ce que veut véhiculer jandek, en tout cas, je le crois. La musique n’est pas qu’une question d’art mineur, de beauté lumineuse, et d’accords cristallins, c’est aussi une rencontre, une expérience.

 

Le site de JANDEK: http://tisue.net/jandek/