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  • Vermont – « Vermont » LP [Kompakt]

    vermont.JPGIl est toujours judicieux pour un artiste de choisir un nom qui évoque des paysages, des atmosphères, des températures ; le tableau mental se peint ainsi bien plus précisément. Ceci en tête, pensez maintenant au Vermont, ce bel État du nord-est des États-Unis surnommé « The Green Moutain State » pour son abondance de végétation et son silence vous rappelant qu’ici, vous êtes en paix. C’est fait ? Bien, nous pouvons commencer.

    Son homonyme musical, récemment signé chez l’insatiable Kompakt avec un LP éponyme, est un duo allemand formé de Marcus Worgull et Danilo Plessow. Là, il faut lire entre les lignes : ce dernier n’est autre que le mignon discoïde qui se cache derrière Motor City Drum Ensemble, tandis que le premier nommé est un éminent membre d’Innervisions. L’un est de Stuttgart, l’autre de Cologne. Sur le papier, tout cela sonne très froid, mais forcément dansant. Pourtant il n’en est rien.

    Vermont fait partie de ces oeuvres musicales électroniques qui s’écoutent en chambre, dans une ambiance tout sauf festive, comme sait si bien le faire Oneohtrix Point Never notamment. Ces quatorze jam-sessions transpirent la chaleur d’un sauna après un bain glacé dans un fjord ; on en ressent la même sensation de plénitude. Et c’est bien là le tour de force de l’album, la musique électronique étant généralement – et vulgairement – perçue comme glacée et sans âme par certains mélomanes, ces trop jeunes antiquaires qui voudraient mettre un Point final a une musique qu’ils ne comprennent pas.

    On connaissait déjà « Majestät » et son galop électronique, lent et impeccable. Le reste du disque poursuit dans la même lignée, avec ses nappes envoutantes, et ses synthétiseurs candides, redondants, mais dont on ne se lasse pas. Quel plaisir de se promener dans cette forêt étrange et humide qu’est « Übersprung », d’aller pêcher le saumon sauvage avec « Lithium », ou encore de contempler le soleil qui se cache derrière la cime d’une montagne pendant que « Dynamik » résonne dans un écho. Nous retrouvons tout le long du disque le monde imaginaire de Kraftwerk jusqu’aux sonorités chaleureuses de Todd Terje, la danse en moins. Cependant, amis DJs, un conseil : passez-donc un « Rückzug » à 4 heures du matin, vous nous en direz des nouvelles.