07.12.2009
Comme un lego
M’est-il possible de tenir la route ? D’aller au bout de ce que je me suis promis ? De repeindre en bleu les murs grisonnant d’une bâtisse chancelante et truffée de courants d’air ? Ai-je déjà voulu le faire ? Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous tributaires de nos existences. Nous passons des semaines à construire, « comme un lego, mais sans mémoire », pour mieux se demander si nous avons choisi la bonne pièce.
Un édifice ne se construit pas seul. Ou bien alors, il lui manquera forcément une perspective. Celle d’être objectif, celle d’être ailleurs le temps d’un regard, celle d’appartenir à deux univers qui différent, qui jurent entre eux, et qui ne parviennent pas toujours à s’unifier. Il suffit de construire une fenêtre ou deux. En plus.
Et finalement, à quoi ressemblent nos vies ? A ces cités, des rangées de maisons plus ou moins édifiantes, plus ou moins édifiées. Et comme toujours, le permis de démolir prend beaucoup moins de temps que celui de construire.
Il reste la photo sur le mur. Jaunie. Par le tabac, le soleil, le temps. Et le fiel ? Est-ce que çà jaunit les photos, le fiel ? D’une photo, nous en faisons deux. Une à gauche, une à droite. A chacun revient alors de jaunir sa partie.
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05.12.2009
BILLIE HOLIDAY - Gerry MULLIGAN
En ce Samedi matin, j'aurai pu passer des heures et des heures à pondre un texte retors pour faire rire et pleurer. Un texte tellement sublime qu'il relèguerait "Guerre et Paix" au rang de roman de gare, un texte que la constitution nous envierait, un texte que les taggueurs des chiottes du cinéma d'à côté trouveraient tellement beau qu'ils le reprendraient un peu partout, un texte.... Qu'est-ce que je raconte moi.
Gerry Mulligan a longtemps accompagné la sublime Billie Holiday. Un duo magique, pour des instants de grâce absolue. La preuve.
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04.12.2009
CECIL BARFIELD - South Georgia Blues
Bien sûr, on pourrait se dire que le blues est mort un soir de pluie et de brouillard, durant ce mois de septembre 1926, un mardi, vers 22 h 32. Mais d’abord, ce serait oublier que bien des années plus tard, Clapton sauvera le blues, et ensuite, ce serait dire n’importe quoi pour amuser la galerie.

Alors, non, Clapton n’a pas sauvé le blues, ni même le monde, ni même les tympans de qui que ce soit. Ce qui est sûr, c’est que Cecil Barfield lui, n’a pas la prétention de sauver le blues, mais qu’il en joue. Seul avec sa guitare et ses écorchures. Du blues basique, sans fioriture, sans autre accompagnement que sa guitare étouffée semblant sortir des archives d’un Hooker ou d’un Mc Tell. Un physique qui parle de sa vie après la mort, et qui semble avoir vécu, ces 50 dernières années loin de la sauvagerie d’une société en quête permanente de découverte, d’évolution, et finalement d’oubli de soi. Car aujourd’hui, que faisons-nous de nos pauvres vies ? Nous courons après l’I pod
le plus puissant possible pour stocker en masse de la musique que l’on écoute plus, on achète des téléphone qui peuvent presque faire votre lessive en oubliant d’appeler ses proches, on achète des télévisions plus grandes que nos murs pour regarder des âneries de plus en plus abrutissantes produites par des tocards qui ne rêvent que de se payer des piscines Olympiques. On vit plus le plus rapidement possible pour essayer de faire entrer plusieurs vies en une seul, en poussant les murs de l’existence, mais Diable, avons-nous oublié aussi que nos jours sont comptés ? A tous ? Et que rien ne sert de courir ? Il faudra bien partir.
Cecil Barfield semble chanter le blues du fin fond de son bled perdu, sur le bord d’un Mississipi suspendu après les aiguilles d’une horloge qui refusent de s’enfoncer. Le doux balancement d’un rocking-chair, le brin d’herbe vissé au coin des lèvres, le Houblon dormant paisiblement sur la table basse d’un perron doucement ensoleillé de cette fin de soirée parfumée. Rien ne sonne, rien ne pub, rien de crie, rien n’insulte ni klaxonne, rien ne bouchonne, rien ne fins de mois difficiles, rien n’avoisine l’intempestif, rien ne tapage nocturne.
Barfield trinque avec vous, à la santé de la tranquillité retrouvée.
07:09 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cecil barfield
03.12.2009
ALAIN BASHUNG - A perte de vue
J’ai bien failli reprendre l’activité de ce blog en vous racontant une anecdote à propos de ce qui m’a poussé à mettre ce blog entre parenthèses et puis, comme j’aurai fini par déballer mes amertumes fielleuses, je préfère me lancer dans une démarche plus positive. Fuck les mauvaises ondes ! Après tout, c’est bientôt noël, alors haut les cœurs…. Bon, enfin, le cœur n’y est pas vraiment, mais ce n’est pas une raison pour se laisser aller !

Aborder la carrière d’un homme comme Alain Bashung en quelques semaines est un exercice complexe. Il y a deux ans de çà, de Bashung, je connaissais « Vertige de l’Amour », « Gaby », « Osez Joséphine » et les quelques autres titres de gloire. Je ne possédais pas le moindre disque. Et puis, à l’occasion de son passage à la Fête de l’Huma, j’ai assisté à son concert. Et là, j’avoue avoir pris une claque monumentale. A cette période, il n’allait déjà plus très fort, le crabe en pinçait pour ses poumons, et le déclin physique était visible. Mais pourtant, quelle présence, quelle force. J’ai donc acheté « Bleu Pétrole », commençant à arpenter sa carrière par le haut. Un peu comme si un joueur de vélo entamait son Tour par les Champs. Peu à peu, j’ai écouté ses disques, pas tous, mais beaucoup. Et puis, à l’occasion de la sortie de son intégrale « A perte de vue », j’ai claqué mes derniers deniers annuels. Un coffret somptueux qui regroupe l’ensemble de ses albums studio, ainsi que tous ses lives, de nombreux instrumentaux et autres inédits. Ajoutés à cela, l'intégralité des textes et de nombreuses photos glacées absolument magnifiques. Un véritable trésor, gargantuesque et complexe.

Passé les « succès » de Monsieur Bashung, il faut savoir se lancer, et ne pas se louper à l’écoute d’œuvres noires, riches et exigeantes comme « Play Blessures », « Novice » ou « L’imprudence ». Il y a aussi des disques plus accessibles et plus directs tels que « Osez Joséphine », « Roulette Russe », et le disque qui reste, à mon sens, l’aboutissement absolu de sa carrière, son chef d’œuvre absolu, « Fantaisie Militaire ». Bien entendu, tout n’est pas parfait. On peut s’interroger face à la facilité du « Rio Grande » qui manie les jeux de mots avec de gros sabots (assumés), mais qui semble peu concerné par la musique. On peut passer son chemin à la lecture du « Roman Photo », premier album limite variétoche qui ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est d’être un témoignage d’un talent en devenir.
A l’écoute de « Pizza », album un peu bancal qui connaît autant de sommets que de fossés, je me suis souvenu. « Reviens va-t-en ». Mais bien sûr. A l’époque, début des années 80, il existait un « Festival du son ». Depuis renommé, ce festival étalait les dernières nouveautés Hi-fi. A l’époque, la révolution, c’est bien entendu le CD. Quel son. Mon père repart avec l’une des premières platines Laser (à l’époque, on précisait encore, comme aujourd’hui, on précise platine vinyle…) et un disque de démonstration. Sur le disque, quelques souvenirs… Le « Avalon » de Roxy Music, un titre du Gainsbourg Reggae, un truc d’Higelin, et « Reviens va-t-en » de Bashung. Evidemment, du haut de mes 7 ou 8 ans, j’avoue que je ne connaissais pas Bashung. Mais j’adorais cette chanson. Je m’éclatais dessus. Cà, je m’en souviens. Alors, lorsque les premières notes ont démarré, les souvenirs m’ont sauté dessus comme un aveugle se rue sur ses lunettes de soleil.
Depuis, j’ai parcouru ce coffret, riche en pépites. J’ai également parcouru « A l’arrière des Berlines », double DVD
qui regroupe les meilleures prestations télévisées de Bashung, et j’ai relu pour la troisième fois la biographie écrite par Marc Besse qui s’avère très intéressante.
J’aurai voulu vous faire une analyse précise de cette œuvre, mais j’en suis incapable, et je n’ai pas envie de forcer le trait. Tout simplement parce que je ne connais pas encore suffisamment cette discographie passionnante, jamais lassante, et qui fait, encore aujourd’hui, preuve d’une originalité rare dans notre beau pays. La seule écoute de « Play Blessures » suffit à comprendre que le bonhomme avait à l’époque, beaucoup d’avance sur ses congénères et qu’il n’existe pas ou peu d’équivalent en France sur ces 25 dernières années.
Et aujourd’hui, qui va prendre le relai ? Qui ? Personnellement, nul besoin de relève, je viens d’en prendre pour 25 ans.
10:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alain bashung
29.11.2009
Inactivité
Je ne suis pas du genre à raconter ma vie, mais hier, j'ai mangé une pomme. Dingue, non? Bon, plus sérieusement, ce blog connaît une sérieuse baisse d'activité, et il n'est pas impossible que dans quelques jours, il se taise. Pour mieux revenir ensuite, mais comme on ne peut pas être au four et au moulin, je lâche un peu le moulin. Retour le 3 décembre. Avec une probable anecdote aussi passionnante que la dernière minute d'un match Corée du Sud/Corée du Nord tendu comme un string en finale de la coupe des ligues des champions... de Curling. C'est dire.
07:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
28.11.2009
BOB DYLAN - House of the rising sun
Si le premier album de Dylan n’est pas parfait, loin s’en faut, il comporte tout de même quelques perles inaltérables. Comme cette foutue reprise d’un chant traditionnel, repris des centaines de fois, notamment par le toujours très fin Jauni. La version de Dylan est d’une intensité époustouflante qui collerait la chair de poule à Jack L’éventreur. Bref, dès son premier opus, Dylan met la barre très très haut. Malheureusement, à peine quelques années plus tard, il sortira un album sur le thème de Noël, et là, c’est le drame !
07:49 Publié dans La reprise du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bob dylan; house of the rising sun;
27.11.2009
Le tuning à la con du jour!
Tiens, çà faisait longtemps...

07:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.11.2009
Quelque chose à dire...
Nulla dies sine linea
Pas un jour sans une ligne
Parfois, pour ne pas dire grand-chose, c’est vrai.
07:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.11.2009
Trompe l'oeil
07:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.11.2009
Oublié
J’ai longtemps cru que tout cela tiendrait la distance. Que tout cela se jouerait des kilomètres distendus d’une pendule qui s’effondre. Il suffirait d’une lettre, ou d’un mot, sur le coin d’une table éborgnée pour garder la complicité. Trop simple de se dire que le silence est parfois plus parlant qu’un discours, qu’une discussion. Mais non. Le téléphone qui sonnait ne sonne plus, c’est normal. Pire, il n’y a plus personne à l’autre bout du fil. Des messages, des S.O.S, des sourires, des pleurs, rien n’y fait, c’est le silence, l’absence, le résonnement des rappels oubliés qui se fait ressentir, qui alourdit les épaules, les soirs de pluie, les soirs de brouillard.
Sous le manteau le matin, on remonte le col, l’air a tendance à passer dans le dos. On part avec le regret, le souvenir d’un dernier appel. Tiens, j’ai oublié ce qu’on s’est dit. Avait-on encore quelque chose à dire. Je ne suis pas un bâtisseur de cathédrales, je suis un laborieux bâtisseur d’édifices chancelants. Je dis oui, je fais un pas, et puis, je me défile au dernier moment, reculant de deux pas, de trois pas. Reculant. Encore.
Pourtant, il y a des soirs où l’on regrette, où l’on aurait pu avoir le temps de se dire des choses, des banalités. C’est bien aussi les banalités. Le monde se construit sur des banalités, car après tout, nous vivons tous les mêmes choses, parfois même au même moment, mais on est tout de même heureux de trouver quelqu’un à qui raconter toutes ces choses que tout le monde fait. Je n’ai pas pensé à tout çà. Je n’ai pensé à rien. Putain, mais à quoi ai-je bien pu penser ?
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