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cineticmess

  • Louderbach "Autumn"

    Choisissez d’enregistrer votre album moitié à Berlin, haut lieu de l’électronique, qui figurerait l’hiver, et moitié à Los Angeles, ville du soleil, des paillettes et de l’été permanent, et nommez le "Automne". Voilà l’idée pas plus bête que ça qu’ont eu Troy Pierce et Gibbby Miller, dont on apprend par ailleurs qu’ils se répartissent à égalité le travail : au premier la musique, au second les voix.

    Pour un résultat sombre entre électronique statique et finement texturée, bourrée jusqu’à la gueule d’infrabasse, et une voix qui évoque plus celle qu’on entend dans les disques de pop, c’est à dire élégante, sans esbrouffe, c’est à dire peu ou pas trafiquée... Louderbach "Autumn"

    Après le récent album de Kanye West, voilà encore la preuve qu’il est possible aussi de raconter des histoires dans un disque électronique, en mariant avant-garde musicale et simplicité des paroles. Et avec beaucoup moins d’effets sur la voix.

    Un début de maturité pour le genre ?

  • John Zorn : Filmworks IX

    Il y a quelques semaines, je faisais un compte-rendu enthousiaste du concert de Chris Speed, Jamie Saft et Ben Perowsky au Studio de l'Ermitage. Le disque du trio dont il était question (et dont un extrait est disponible dans la radioblog) est autoproduit et par conséquent assez difficile à se procurer.

    zorn.PNGHeureusement, Tzadik fait bien les choses, et il existe un somptueux disque qui réunit Chris Speed et Jamie Saft (mais sans Ben Perowsky) que je me suis procuré récemment. Il s'agit du volume IX des Filmworks de John Zorn, sous-titré Trembling before G-D. Il s'agit de la bande son d'un documentaire de Sandi Simcha Dubowski sur les homosexuels au sein de la communauté hassidique. Je n'ai jamais vu ce film, mais le disque est remarquable. Sur des compositions de Zorn, dont certaines issues du répertoire de Masada, Chris Speed à la clarinette et Jamie Saft au piano et à l'orgue font preuve d'une belle musicalité. Je mettrai un extrait de ce disque dans la prochaine livraison de la radioblog.

    Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le site de Tzadik annonce la sortie prochaine d'un disque en trio de Jamie Saft avec Greg Cohen (contrebassiste de Masada) et Ben Perowsky.

    John Zorn : Filmworks IX - Trembling before G-D, Tzadik, 2000

  • Snd "Atavism"

    Snd est un duo anglais composé de Mark Fell and Mat Steel, "Atavism", le quatrième album est sorti en mars dernier sur Raster-Noton. Ici on est immergé dans une musique électronique infiniment minimale, appelée glitch music, clic’n’cut.

    electro.JPGLe rythme, l’agencement, la disposition ou les traitements qu’ils appliquent aux sons utilisés sont magiques pour l’oreille. L’écoute illustre le panel de nuances qu’une couleur (ou une tonalité) peut prendre suivant le traitement qu’on lui administre. Les tons fluctuent doucement, mais les nuances changent constamment et c’est là où la magie opère.

    Et cette magie sonique agit depuis 1998, date où le premier travail, sort sur Mille plateaux. Musique répétitive, où dit-on, l’improvisation rusée serait de la partie, chaque proposition se développe avec précaution. L’auditeur aura bien évidemment le temps d’appréhender des sonorités, des formes toujours chargées d’une certain

     

  • Diana Krall - bossa nova

    C’est lors d’un séjour au Brésil que Diana Krall a découvert une nouvelle source d’inspiration. La bossa nova va en effet être au menu de son prochain album dont certaines chansons ont été composées par le maître du genre, Antonio Carlos Jobim. La chanteuse a aussi expliqué que ce nouvel enregistrement allait être très sensuel…

    jazz.JPGSelon elle, le disque devrait avoir un caractère « sensuel et érotique »… Diana Krall vient de faire quelques révélations sur son nouvel enregistrement, qui va s’appeler « Quiets Nights » et qui va sortir en mars prochain. Mélange de standards, comme le « Walk On By » de Burt Bacharach, et de chansons moins connues ; cet album sera très influencé par le Brésil, où la chanteuse est allée récemment. Certaines d’entre elles ayant été composées par Antonio Carlos Jobim, initiateur et star incontournable de la bossa nova. Un virage ensoleillé pour la jazz woman qui jusqu’ici nous avait habitué des rythmes beaucoup moins sexy.

  • Alva Noto "Xerrox vol.2"

    Alva Noto est un artiste sonore, né Carstein Nikolai, en 1965 en Allemagne de l’est. Sa musique provient de la transformation des sons captés de nos appareils modernes et technologiques. Les sons des fax, des modems, etc sont taillés pour développer une musique de l’infiniment petit, extrêmement progressive et enivrante.

    Il collabore avec d’autres artistes, Franck Bretschneider (au sein de Signal), avec Scanner, Sakamoto. Il a également à son actif une production discographique plus qu’importante, sur Raster Noton et Mille plateaux. Travaillant en solo, en duo, en collectif …, livrant des live, des remixes, un opéra (avec Michael Nyman) un livre (édité par Die Gestalten Verlag)

     Faite de souffles ciselés, d’incisions, de lissages, chaque proposition se dévoile avec retenue et lenteur. Avec une douceur, comme pour insister sur la notion de contemplation intemporelle qu’un son peut produire, sur cette liberté d’écoute qu’elle induit laissant entrevoir une beauté froide implacable et captivante. Une musique ponctuée de rappels, microscopique, comme dans le final de "Monophaser 1".

     

     

  • Avis sur l'album "Dystopia" de Midnight Juggernauts

    En anglais, ‘juggernaut’ signifie ‘force aveugle, irrésistible et/ou meurtrière’ ou encore ‘mastodonte, monstre’ en parlant d’un camion ou d’un véhicule. Bref, l’idée de puissance. Associée ici à minuit, l’heure du crime, pour un effet plus effrayant.

     

    midnight2.jpg

    Midnight Juggernauts : influences électro-pop

    Pourtant, Vincent et Andy Juggernaut (oui, c’est un pseudo) ne font pas dans le death metal sans foi ni loi, ouvrageant depuis Melbourne une électro-pop racée où miroitent les échos très fin 70’s-début 80’s des Sparks, de Giorgio Moroder, Roxy Music ou encore David Bowie période « Low »/ « Heroes », voire les Depeche Mode et ELO. Entre deux escapades synthétiques, le duo s’essaye sur « Worlds Converged » à des harmonies vocales réminiscentes de Brian Wilson, et donne globalement l’impression d’avoir laissé les complexes au vestiaire.

     

    Pour ceux qui pourraient penser à ce stade de la chronique qu’il s’agit une fois de plus d’un groupe qui aurait oublié de vivre avec son temps, signalons que le premier morceau, l’étourdissant « Ending Of An Era », semble avoir été largué sur Terre par des visiteurs de l’espace qui n’auraient en guise de références sonores de notre planète que les Pixies et Daft Punk, de même que « Road To Recovery » aurait pu être signé Scissor Sisters. Voilà pour les valeurs (quasi) contemporaines. Ecouter l'album https://www.youtube.com/watch?v=D-Vzf5E8UkU

     

    Ajoutons que le binôme australien fait partie des artistes préférés de Justice, dont il a assuré la première partie de la récente tournée US. Il faut dire qu’à l’instar de nos Parisiens hyper-hype, MJ n’hésite pas à se vautrer dans la mélodie la plus kitsch (le refrain de « Twenty Thousand Leagues » rappelle les Norvégiens de A-ha) tout en poussant la rythmique dans le rouge vif incandescent, dans un mélange de rêverie et de violence purement adolescent.

     

    A l’arrivée, on tient un nouveau tenant de la fusion pop-rock/dance typique du début du 21° siècle, refusant avec un entêtement rassurant de trancher entre deux communautés musicales de moins en moins séparées.