08.11.2009

THE NECKS - The Royal Family

Vous avez remarqué? Nous sommes Dimanche. J'ai comme une envie de traîner. De ne rien faire. Et c'est ce que je fais de mieux.

Alors pour se mettre en jambe un peu de jazz. Enfin, pas vraiment. Un mélange. un genre. Un truc à part. the Necks, c'est l'art de vous hyopnotiser. Pour peu que vous vous accrochiez au gimmick de la basse, il ne vous lâchera plus. De tout le dimanche. Et puis, les notes de piano qui s'éparpillent... Qui ne jouent pas vraiment. Un peu comme moi. Je ne suis pas vraiment réveillé.

07.11.2009

A comme... JOSEPH ARTHUR

Bon, çà aurait du me mettre la puce à l'oreille. Un gars découvert par Peter Gabriel, signé sur son pseudo label word prout prout, c'est louche. Pourtant, le temps de deux albums et un EP, Jospeh Arthur fût brillant avec ses pop song bancales qui sentent bon le crépuscule et l'asile d'aliénés. Bricolés chez lui, ses premiers disques étaient relativement originaux, et surtout, vachement bien produit. Triturant chaque piste sans pour autant en faire trop, il parvenait à compresser 5 minutes de petits miracles lumineux, avec cette voix  écorchée, hésitante et touchante.

 

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Et puis, vlan! Plus rien. Soutenu par un groupe au nom improbable qui m'échappe, il enchaîne depuis son second album les disques anecdotiques,, pour ne pas dire littéralement chiants comme un dimanche de plus devant Drucker qui s'entretient avec Danny Boon! Le cauchemar quoi.  C'est ce que j'appelle le phénomène Badly Drawn Boy. Tout est dit en deux disque. Merci, au revoir. Dommage, il y avait des choses à faire avec ces ambiances enfumées. Remarquez, deux bons albums, c'est toujours 100 fois mieux que le tout venant que l'on nous fait bouffer à la téloche ou à la radio. Alors, ne boudons pas notre plaisir.

 

 

06.11.2009

SEASICK STEVE - Man From Another Time

Les pieds dans la boue. Le drapeau sudiste en berne. Enflammé ? Pourquoi pas ? Le blues ne se conçoit pas dans un fauteuil aux murs placardés de récompenses ! Au fond d’un champ, près de son tracteur, Seasick Steve qui vit aujourd’hui en Norvège, a croisé du beau linge, de Janis Joplin à Kurt Cobain, et a produit quelques figures intéressantes telles que Modest Mouse.

 

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Ce visage buriné, cette barbe improbable. Premier album en 2006, pourquoi avoir attendu si longtemps ? Peut-être pour avoir des choses à dire. Parce qu’il sait qu’il faut avoir des choses à dire. Et que pour avoir des choses à dire, il faut les avoir vécu. Il ne suffit pas de raconter ses vacances ou ce qu’on a clappé au petit déjeuner pour pondre de la musique. Et Seasick Steve joue du blues. Et s’il y a bien une musique qui raconte des choses, c’est bien le blues. Le blues raconte des choses, parfois même sans avoir à les dire.

Un blues qui peut réconcilier puristes, simples amateurs, et petits jeunes croyant tout savoir. On sent le folklore, les racines, le boogie, la fièvre d’un Dr John, la sincérité d’un Robert Johnson, le banjo, la rythmique du feu. Dès les premières notes, on sent bien que tout ce qui se joue au travers de ce disque n’est qu’une affaire de tripes. On joue avec, on écoute avec. Les fourmis dans les pieds qui aident à battre la mesure. Et puis la simplicité. L’essentiel. On ne court pas après les arrangements fanfreluches, on ne passe pas tout au filtre, aux effets personnels, aux efforts FM, on se contente de jouer dépouillé une musique de vieux pots qui s’avère être tout sauf de la soupe.

Une voix chaude comme un bourbon au coin du feu, sans ressentir le besoin de s’expliquer.

Bref, au milieu des sorties hype dont tout le monde parle, reparle, Seasick (pseudo improbable choisi à cause de son mal de mer…) Steve a, l’air de rien, sorti un des albums les plus intéressants et authentiques de l’année. Et pan !

 

05.11.2009

HARPOCRATE

Nous oublions souvent d’écouter le silence. Se souvenir combien il est bon, parfois de ne rien entendre. Ni les bruits extérieurs, ni les bruits intérieurs.

 

Nous oublions souvent de nous taire. A croire que nous sommes ici pour meubler les silences. Besoin d’exister, quitte à dire n’importe quoi, quitte à être superficiel.

 

Et si l’on s’en tenait à ce que l’on a d’intéressant en soi ?

 

Pour ma part, il ne resterait plus grand-chose. Ne plus parler pour ne rien dire.

 

Aller à l’essentiel. Et logiquement, ne plus rien dire.

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04.11.2009

SPARKLEHORSE

C’est l’heure. Des feuilles qui tombent, qui meurent, qui s’éparpillent au sol comme du papier mâché. Cette tapisserie bouillie, glissante comme du verglas qui se mélange aux affres de la vie citadine. Les cons de maîtres et les pauvres chiens qui les suivent et qui s’étalent tout le long d’un bitume envahi. C’est l’heure de l’horizon qui se découvre, les branchages dénudés, comme des éclairs parsemés. Tiens, on voit au loin à présent. On voit qu’on ne voit rien. Armés de béton, nous bâtissons des tombeaux ouverts pour passer le temps, pour passer l’existence à se demander s’il y a quelque chose après. On oublie de vivre. C’est con. C’est l’heure. De l’automne. Tombé cette année comme un couperet. On n’y échappera pas. Il pleut. Ah. Putain de temps ! Non, jamais heureux de ce que nous avons. Des fruits de saison ? Les quatre saisons ? Un temps de saison. La fête des morts. Putain de fête. J’ai beau chercher. Pas vu un seul mort la coupe à la main. Champagne ! Ardennes ! Partout ! Les morts s’en contrefoutent. Ils ont autre chose en terre. Halloween ! Putain de fête américaine entendons-nous. Ah ? Non. Même pas. C’est une fête celte ! Comme la plupart des fêtes que nous célébrons. Par ici, ou par là. Quand on ne sait pas, on se tait.

 

Mes trottoirs sont désolés ! Moi aussi. Le col remonté, il fait encore nuit. Il fait toujours nuit, finalement, non ? Bientôt Noël ! On passe notre temps à vouloir rajeunir, et on nous colle le père noël deux mois avant. Vraiment plus à un paradoxe près. Le ciel est si bas qu’on se croirait en avion. Et puis la Bretagne où que l’on soit, la pluie si fine qu’elle vous tatouerait presque la peau à trop entrer dedans. Et dans tout çà, qu’est-ce qu’on fait ? On bouffe de la nostalgie à s’en faire péter la mémoire. Pour mon compte, je ressors mes vieilleries. Financement oblige, la nouveauté est proscrite. Alors, au milieu de la poussière, on sort, on ressort, et lorsqu’une pile s’écroule, ce sont ces disques qui trônent au milieu des atermoiements.

 

J’aime bien Sparklehorse en cette saison. Mark Linkous est fait pour s’écrouler.

 

 

03.11.2009

Erreur d'aiguillage

Finalement, après quelques années, je me rends compte que je me suis trompé de métier. Bon, remarquez, mon métier actuel, je ne l’ai pas non plus choisi par passion. Les miches rivées sur un fauteuil toute la sainte journée, c’est mieux que sur la route, comme disait le brillant Gérald, mais d’un point de vue enrichissement personnel, il faut bien admettre que c’est vite limité.

 

Il y a quelques jours, j’ai entendu l’album de The Editors. Un nouvel album dont j’ai oublié le nom, mais dont vous pourrez entendre un extrait plus bas, si toutefois vous créchez sur Pluton, et qu’en plus, vous n’avez pas la radio.

 

Et là, je me mets à la place d’un critique à qui on demande de torcher une chronique sur ce nouveau disque, visiblement sur toutes les lèvres… Alors, là, il y a deux écoles. Soit vous bossez aux Inrocks, à Télérama, ou dans une autre revue qu’il est de bon ton de lire, soit vous bossez dans une revue dont tout le monde se cogne.

 

Les Inrocks ont aujourd’hui tellement peur de louper le truc du moment, histoire de raccrocher les wagonnets d’un lectorat désertique, qu’ils seraient bien capables de trouver ce disque extraordinaire… Je mets tout cela au conditionnel car je ne lis plus les inrocks depuis… 5 ans environ.

 

« Salut ma poule ! Tiens, je te file le disque pour ton papier !

C’est qui ?

Le nouveau Editors !

Ah ? Pas moyen que j’en fasse un autre ?

Sinon, t’as l’album de Noël de Dylan !

Génial, t’as sucé un clown aujourd’hui ? Bon, file moi ton disque ! Je suis obligé de l’écouter ?

Ben, çà dépend. T’as écouté le précédent ?

Ouais…

Bon, ben, c’est bon alors, te casse pas le béret ! »

 

« The Editors, c’est la grande claque de l’automne, ce doux mélange entre Joy Division et Laurent Garnier ne cesse d’ébahir tous vos sens les plus affûtés. Une inventivité de tous les instants, et ce doux sentiment de tomber sur quelque chose de rare, et pourquoi pas, soyons fous, d’inédit. The Editors n’inventent pas une nouvelle formule pour jouer un rock teinté d’électro racé et intense, ils sont l’incarnation même de cette quintessence musicale. Le joueur de tambour bastonne comme rarement sur des rythmes hypnotiques et tendus, alors que le…. Merde, comment on dit déjà… le… Le joueur de guitare où il n’y a que quatre cordes souligne avec majesté la finesse des compositions. Bref, The Editors est sans nul doute l’avenir du rock tel que nous l’avons rêvé. »

 

Bon, vous allez me dire, j’exagère, les journaleux des inrocks savent quand même ce que c’est qu’une basse. Possible. Mais çà ne les empêche pas de, régulièrement, porter haut et fort des groupes surévalués qui, manifestement, seront oubliés aussi vite que le mec que vous avez croisé ce matin dans la rue en allant au taf.

 

Par contre, si vous bossez dans un canard plus sérieux, et plus indépendant (il en reste ?) ou mieux encore, si vous avez un blog perso, vous pouvez refaire la même chronique, en changeant sensiblement le texte…

 

« The Editors, c’est la grande bouse de l’automne, cet indigeste mélange entre Joy Division et Laurent Garnier ne cesse de flétrir tous vos sens les plus sensibles. Une inventivité façon Rank Xerox de tous les instants, et ce doux sentiment de tomber dans le coma sous peu si le disque perdure. The Editors n’inventent pas une nouvelle formule pour jouer un rock teinté d’électro racé et intense, ils la recrachent en oublier au passage de composer des chansons. Le batteur semble avoir un encéphalogramme proche du bigorneau  pendant que le bassiste lit les partitions de New Order. Bref, The Editors sont nuls et non avenus, et il est à espérer que l’avenir du rock se fasse sans eux. »

 

Mais bon, je me demande quand même si çà passerait…

 

02.11.2009

THE SONICS - Roll Over Beethoven

Extrait de l'album "Here are the Sonics", une reprise de Chuck Berry bien sentie, comme le reste de cet album aussi indispensable qu'explosif. La reprise du jour dépote velu, et se place bien au dessus de la reprise des Fab Four par exemple. Du rock brutal, sans chichi et qui fait du bien! Et vlan! Le reste de l'album est à l'avenant, ne lâchant pas l'auditoire d'une semelle en s'évertuant à lui coller des fourmis dans les jambes en permanence!

Un disque qui mérite d'être découvert ou re-découvert.

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01.11.2009

DINOSAUR JR - Bug

 

Le matin, quand je me lève, j'ai mal au crâne. Tous les jours. Vous allez me dire, t'es mignon, mais ta life, on en a rien à carrer, si c'est pour lire ce genre d'âneries, il y a les Skyblogs! Pas faux. Tout çà pour vous dire qu'à l'époque où tout le monde se paluchait sur la supposé rébellion de Nirvana, il y avait des groupes au moins aussi brillant, si ce n'est plus, et au moins aussi bruyant, si ce n'est plus.

Jay Mascis et Lou Barlow au milieu des années 80 forment Dinosaur Jr, avant d'intégrer Mike Johnson. La relation houleuse des deux têtes pensantes poussera Lou Barlow à aller voir régulièrement ailleurs, notamment du côté de Sebadoh. Bref, je ne vais pas refaire l'histoire d'un des groupes indé les plus connu de la planète. Chant chancelant, accord désacordé, guitares saturées, pied au plancher, la poignée d'albums du groupe, à l'époque, ne comporte aucune faute de goût ou presque. Viendra la temps de la reformation, pour un premier album réussi, contrairement au dernier en date, littéralement indigeste.

 

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De la période soit disant grunge (quelle belle connerie à ce propos que ce mot ridicule pour qualifier ce qui n'est rien de plus que du Punk Rock...), il ne reste plus grand chose, et avec le recul, il faut bien admettre que les groupes les plus célèbres, et leurs disques, ne valent plus tripettes. Aujourd'hui, il est grand temps de reconnaître une bonne fois pour toute que Nirvana, c'est avant tout le groupe d'un grand disque, In Utero, mais que le reste est largement en dessous de la production de Dinausor Jr par exemple, et que Pearl Jam, c'est avant tout un groupe de branquignolles, qui sont au grunge et au rock en général ce que Thierry Roland est à la pensée philosophique.

Bref, Bug est sûrement le meilleur album du groupe, simple, direct, accrocheur, et raide comme le braquemard de la Porte de Bercy se tenant prêt à nous enfiler à grands coups d'imposition!

Alors, où je voulais en venir avec mon mal de tête, hein? Et bien non, je ne comptais pas vous vanter les mérites de l'aspirine, surtout que je pourrais souffler dans le cul d'un poney, dans ces cas là, çà me ferait autant d'effet. Par contre, pour se rendre compte de ce qu'un bon mal de tête peut vous faire subir, il vous suffit d'écouter « Don't », dernier titre de l'album, et vous aurez tout compris.

 

 

31.10.2009

THE FEELIES - Crazy Rythms

Que dire de cet album ? L’album d’une vie ? Qui a bouleversé ma face du monde ? Que sans lui je ne serai pas tout à fait le même ? Ben non. En fait, je dois bien l’avouer, j’ai découvert ce disque il y a pas si longtemps. Du coup, j’ai profité de la nouvelle édition vinyle pour l’acheter. Grand bien m’en a pris. Cà tourne aux amphétamines, sur des chansons qui effleurent le powerpop tout en ayant encore un pied dans le punk. Je ne suis pas très fort pour les étiquettes, tout ce que je sais c’est que les ritournelles qui composent ce disque se gravent dans votre cerveau en quelques notes, sur une production sèche comme un coup de trique qui colle un coup de pompe dans le dargeot à bien des disques actuel. A tous les trouducs qui pensent avoir inventé le monde et aux petit mômes qui découvrent le rock’n roll avec les Strokes ou quelques autres groupes à la mode, je conseille vivement d’écouter cette galette. Un extrait en écoute un peu plus bas !

 

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Ce matin, je suis donc allé chez mon disquaire favori pêché cet album merveilleux. Pensant tomber sur le gars qui répond ici au pseudo de Benoît, j’ai su de très loin qu’il n’était pas là. Une musique techno digne de la pire Dance qui soit, avec un boom boom sans vie atmosphérait les lieux avec une grâce absolument sublime. J’ai compris alors qu’aujourd’hui, le petit jeune qui s’extasiait sur « Cà m’énerve » il n’y a pas si longtemps, était présent et que du coup, je ne demanderais rien du tout sur les éventuelles nouveautés.

 

Par contre, la musique au niveau sonore des plus déraisonnables a lentement commencé à me coller une barre dans le haut du crâne, ce qui fait que je suis à peine resté 10 minutes dans le magasin. J’ai du me sauver presque en courant pour éviter d’avoir la tête qui explose ! Bref, le sieur Benoît est donc prié de laisser une compilation potable à ses collègues les jours où il se dore la pilule ailleurs pour pouvoir, éventuellement rendre son absence supportable avec un support musical digne de ce nom !

 

Parce que, acheter l’album des Feelies sur fond de musique techno de bas étage, çà fait carrément pas sérieux !

THE FEELIES - Moscow Nights

En attendant de développer sous (très) peu...