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de la musique - Page 3

  • Album Blues : Nawfel « The War Of Sound »

    Du groove et des hommes… Ce pourrait être une façon de résumer « The War Of Sound », le nouvel album de Nawfel. Mais l’on trouve plus que du groove sur ce CD, qui se déguste comme un monstrueux dictionnaire de citations musicales. Tous les sons seventies que vous avez aimé y sont : clavinet, Hammond B-3, piano Rhodes, ainsi que toutes les configurations guitaristiques imaginables - car on est ici sur les terres d’un guitar freak pathologique, qui n’hésite pas étaler sur le livret sa collection de modèles vintage.

    war.JPGPour ma part, j’avais presque oublié Nawfel, ce jeune prodige de 14 ans, découvert par Universal en 1999. C’était bien avant le phénomène des baby rockers et Nawfel préférait déjà la compagnie (et la musique) des musiciens des générations précédentes. Aussitôt envoyé en studio pour un premier album, il se vit propulser l’année suivante en première partie de Johnny Hallyday, qui est alors l’artiste numéro 1 d’Universal (parti depuis pour Warner, mais ne remuons pas le couteau dans la plaie…).

    La gestation de ce second album semble avoir été fort longue. Les notes de pochette nous apprennent que si les bases ont été enregistrées en 2001, à Paris, le mixage ne s’est tenu qu’en 2006, à Los Angeles. L’album est ensuite resté dans les tiroirs pendant deux ans avant qu’une date de sortie ne soit fixée. Ce qui n’a guère d’importance finalement, le son de Nawfel étant intemporel et délibérément classic rock.

    Bien sûr, on pourra arguer que s’il est un habile compositeur, Nawfel a le solo un peu « court ». Il est vrai que l’on n’est pas face à un soliste hors norme - du reste, les passages improvisés sont rares. Son talent réside ailleurs. Dans les arrangements, les climats, le choix des sons, des musiciens... Comme Jessie Chaton - plus chat sauvage que chaton- l’androgyne chanteur de Fancy qui donne de la voix sur les deux morceaux chantés de l’album.  

    Si vous avez besoin d’un mode d’emploi pour ce disque, je proposerai : pour fin d’après-midi californienne, à écouter dans une Corvette 69, en remontant lentement Sunset boulevard, en compagnie de la soul sister de votre choix.

  • Le Festival de Jazz de Tanger

    La fête a duré cinq jours, les derniers du mois de mai. Cinq jours durant lesquels la musique latine –l’Espagne est à une demi-heure de speed-boat-, la musique noire et toutes sortes de percussions ont mêlé leurs sons au cri des mouettes, au chant du muezzin, aux sirènes des cargos entrant dans le port, aux mélopées lancinantes des Gnawas, aux klaxons des voitures et aux applaudissements des amateurs. De quoi réveiller toutes les fanfares endormies de la terre !

    À l’heure dite, chaque soir, sous l’œil à la fois sombre et illuminé de l’irremplaçable Billie Holiday, figure tutélaire du « Tanjazz », sur la place de la Nation noire de monde, c’était concert gratuit. La nuit était fraîche, comme souvent dans cette ville balayée par le vent, lorsque les New-Yorkais de Circular Time, musiciens noirs, chanteur blanc, sont entrés sur scène, à 20 heures précises, ordre public oblige. Et comme tout arrive dans cette ville, la rue tangéroise est vite entrée dans la danse. Des Américains à Tanger, ça réveillait des souvenirs, et le Soul Makossa façon Circular Time charriait brusquement avec lui toutes les fusions cachées de cette ville où plane encore l’ombre d’un célèbre romancier anglo-saxon, Paul Bowles, mégot blanc pendant au bout du fume-cigarettes noir. Un peu plus loin, dans le restaurant d’un vieil hôtel, l’heure était à une reprise de la Colegiala, entre Colombie et Antilles, à la grande joie de la bourgeoisie locale… Peut-être à patte du maître cubain Chuchito Valdès et du Havana Street Band.

  • Korn revient en promotionnant le jeu « Haze » sur Playstation 3

    C’est un peu comme la poule et l’œuf, mais version néo-métal. Korn revient en promotionnant le jeu « Haze » sur Playstation 3. Mais la chanson associée au lancement fait aussi l’objet d’un single du groupe. En réalité, on ne sait plus quoi promotionne qui…

     

    haze.JPGC’est une association lourde en bruit et en dollars qui vient a été annoncée. La compagnie Ubisoft et les néo métalleux de Korn ont en effet décidé de bosser main dans la main sur le lancement d’un nouveau jeu vidéo sur Playstation 3 appelé Haze : sortie le 22 mai. Le deal (car il ne s’agit pas uniquement d’une belle histoire d’amour…) prévoit que la chanson Haze, qui vante bien sûr les mérites du jeu, sera téléchargeable à partir de celui-ci : mais aussi à partir des plateformes normales et habituelles, comme un vrai single qu’elle est aussi.

    Et comme les membres de Korn ne veulent pas se mettre à dos les acheteurs d’albums CD, le titre est aussi trouvable sur diverses nouvelles versions à bonus (au Japon, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande) de leur dernier disque. Il est donc très difficile pour un fan du groupe, même mal informé, d’échapper à « Haze »….

  • Destination Tanger : Jazz ensoleillé

    Tous les ans, juste avant que l’été ne s’installe, Tanger vit durant cinq jours à l’heure de la musique. Placé sous l’égide du jazz, ce festival de jazz est à l’image d’une ville qui voit s’accroître la population à grande vitesse : il grandit, sans perdre cette convivialité qui est sa marque. Nous sommes allés voir sur place. Reportage entre ciel et mer, entre Méditerranée et Atlantique et comme on dit à Tanger : « Get high before you fly ! »

    tanger.JPG

    Place Ibéria, Rue des Anglais, Rue des Juifs, Quartier California… Une simple promenade à pied dans les rues de Tanger vous rafraîchit la mémoire : vous êtes en terre marocaine, mais le passé international de cette ville située au carrefour de la Méditerranée et de l’Atlantique est lisible partout. Il y a les noms des rues, mais il y a aussi les cimetières, l’allemand, le français, l’espagnol, jusqu’au cimetière des chiens anglais, et ce n’est pas une blague. Tanger, longtemps ville juive, a servi de refuge à des femmes et des hommes venus de partout.

    C’est donc très naturellement que vient de s’y tenir la neuvième édition d’un festival de jazz ouvert à toutes les influences musicales. Une façon de renouer avec cette époque où dix-neuf nations administraient en commun la ville, chacune rivalisant pour offrir la plus belle réception, le plus remuant thé dansant, avec des disques tout droit venus des Etats-Unis.

    Le jazz s’était accidentellement arrêté de tourner à Tanger ; par l’entremise d’un ancien publicitaire français reconverti en amoureux de la ville (et de la musique), Philippe Laurin, le voilà de nouveau en cours.Aujourd'hui il est bien implanté avec tanjazz

     

  • Album jazz : Robert Glasper , Mood, 2003


    Le pianiste de Marcus Strickland à la tête de son propre trio. J'ai acheté ce disque sur un coup de coeur après avoir entendu sa reprise pleine de feeling du Maiden Voyage de Herbie Hancock sur TSF, avec le chanteur de nu-soul Bilal qui murmure la mélodie plus qu'il ne la chante. Le reste du disque est aussi excellent, ce qui en fait l'un des tous meilleurs parus sur FSNT à mon sens. Glasper est par ailleurs la toute dernière recrue de Blue Note. On attend maintenant avec impatience ses débuts pour le label mythique.

  • Climax Série

    Le label indépendant Océanik Créations est de ceux que l’on a suivit pendant quelques mois . Mieux, cette fois, nous allons faire la connaissance de six nouveaux artistes au travers de cette "Climax Série" qui est bien en effet un zénith de l’innovation musicale.

    Cela commence avec Les Astragales, bel effort d’electro jazz éthéré autant que touffu digne de Nils Peter Molvaer, et ça se poursuit par un morceau très reichien signé Laurent Rochelle (il y a du "Eight lines" dans "Lumen in lumine").

    Quant à Altaï, direction l’espace, les galaxies lointaines : ça commence bizarro-futuriste et puis un xylophone vient s’inviter, pour un moment de calme, avant lâcher les beats à la moitié du morceau... et retour sur terre en douceur, les yeux plein d’étoiles...

    Place aux guitares furieuses de Lokka avant de retrouver un peu plus de calme avec Clément Edouard dont le titre "Olo" est une mini symphonie pour instruments à vent, et enfin DoWnTaO et son mot de passe pour une électronica froide mais vibrante...

    Cinq petites perles à déguster là nuit.