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de la musique - Page 2

  • The Notwist : Close To The Glass

    The Notwist est un groupe rare. Se faisant volontairement discret entre deux albums ou travaillant sur des projets parallèles, les Allemands étaient muets depuis la sortie de The Devil, You + Me en 2008.

    Ce Close To The Glass est sans doute le disque le plus consistant qu’ils ont publié à ce jour, avec le mythique Neon Golden. Sa gestation a été difficile mais rien n’en transparaît : les mélodies coulent de source (le splendide Casino) et les expérimentations sonores de Martin Gretschmann se marient à merveille avec la voix apaisante de Markus Acher (Run Run Run).

    Pour causer marketing, The Notwist a tout d’une valeur refuge. Mais comme on préfère les sentiments, on se contente d’écrire que Close To The Glass est un de ces albums qui réconcilient avec une écoute domestique et patiente de la musique.

     

  • Vermont – « Vermont » LP [Kompakt]

    vermont.JPGIl est toujours judicieux pour un artiste de choisir un nom qui évoque des paysages, des atmosphères, des températures ; le tableau mental se peint ainsi bien plus précisément. Ceci en tête, pensez maintenant au Vermont, ce bel État du nord-est des États-Unis surnommé « The Green Moutain State » pour son abondance de végétation et son silence vous rappelant qu’ici, vous êtes en paix. C’est fait ? Bien, nous pouvons commencer.

    Son homonyme musical, récemment signé chez l’insatiable Kompakt avec un LP éponyme, est un duo allemand formé de Marcus Worgull et Danilo Plessow. Là, il faut lire entre les lignes : ce dernier n’est autre que le mignon discoïde qui se cache derrière Motor City Drum Ensemble, tandis que le premier nommé est un éminent membre d’Innervisions. L’un est de Stuttgart, l’autre de Cologne. Sur le papier, tout cela sonne très froid, mais forcément dansant. Pourtant il n’en est rien.

    Vermont fait partie de ces oeuvres musicales électroniques qui s’écoutent en chambre, dans une ambiance tout sauf festive, comme sait si bien le faire Oneohtrix Point Never notamment. Ces quatorze jam-sessions transpirent la chaleur d’un sauna après un bain glacé dans un fjord ; on en ressent la même sensation de plénitude. Et c’est bien là le tour de force de l’album, la musique électronique étant généralement – et vulgairement – perçue comme glacée et sans âme par certains mélomanes, ces trop jeunes antiquaires qui voudraient mettre un Point final a une musique qu’ils ne comprennent pas.

    On connaissait déjà « Majestät » et son galop électronique, lent et impeccable. Le reste du disque poursuit dans la même lignée, avec ses nappes envoutantes, et ses synthétiseurs candides, redondants, mais dont on ne se lasse pas. Quel plaisir de se promener dans cette forêt étrange et humide qu’est « Übersprung », d’aller pêcher le saumon sauvage avec « Lithium », ou encore de contempler le soleil qui se cache derrière la cime d’une montagne pendant que « Dynamik » résonne dans un écho. Nous retrouvons tout le long du disque le monde imaginaire de Kraftwerk jusqu’aux sonorités chaleureuses de Todd Terje, la danse en moins. Cependant, amis DJs, un conseil : passez-donc un « Rückzug » à 4 heures du matin, vous nous en direz des nouvelles.

  • Album Blues : Nawfel « The War Of Sound »

    Du groove et des hommes… Ce pourrait être une façon de résumer « The War Of Sound », le nouvel album de Nawfel. Mais l’on trouve plus que du groove sur ce CD, qui se déguste comme un monstrueux dictionnaire de citations musicales. Tous les sons seventies que vous avez aimé y sont : clavinet, Hammond B-3, piano Rhodes, ainsi que toutes les configurations guitaristiques imaginables - car on est ici sur les terres d’un guitar freak pathologique, qui n’hésite pas étaler sur le livret sa collection de modèles vintage.

    war.JPGPour ma part, j’avais presque oublié Nawfel, ce jeune prodige de 14 ans, découvert par Universal en 1999. C’était bien avant le phénomène des baby rockers et Nawfel préférait déjà la compagnie (et la musique) des musiciens des générations précédentes. Aussitôt envoyé en studio pour un premier album, il se vit propulser l’année suivante en première partie de Johnny Hallyday, qui est alors l’artiste numéro 1 d’Universal (parti depuis pour Warner, mais ne remuons pas le couteau dans la plaie…).

    La gestation de ce second album semble avoir été fort longue. Les notes de pochette nous apprennent que si les bases ont été enregistrées en 2001, à Paris, le mixage ne s’est tenu qu’en 2006, à Los Angeles. L’album est ensuite resté dans les tiroirs pendant deux ans avant qu’une date de sortie ne soit fixée. Ce qui n’a guère d’importance finalement, le son de Nawfel étant intemporel et délibérément classic rock.

    Bien sûr, on pourra arguer que s’il est un habile compositeur, Nawfel a le solo un peu « court ». Il est vrai que l’on n’est pas face à un soliste hors norme - du reste, les passages improvisés sont rares. Son talent réside ailleurs. Dans les arrangements, les climats, le choix des sons, des musiciens... Comme Jessie Chaton - plus chat sauvage que chaton- l’androgyne chanteur de Fancy qui donne de la voix sur les deux morceaux chantés de l’album.  

    Si vous avez besoin d’un mode d’emploi pour ce disque, je proposerai : pour fin d’après-midi californienne, à écouter dans une Corvette 69, en remontant lentement Sunset boulevard, en compagnie de la soul sister de votre choix.

  • Le Festival de Jazz de Tanger

    La fête a duré cinq jours, les derniers du mois de mai. Cinq jours durant lesquels la musique latine –l’Espagne est à une demi-heure de speed-boat-, la musique noire et toutes sortes de percussions ont mêlé leurs sons au cri des mouettes, au chant du muezzin, aux sirènes des cargos entrant dans le port, aux mélopées lancinantes des Gnawas, aux klaxons des voitures et aux applaudissements des amateurs. De quoi réveiller toutes les fanfares endormies de la terre !

    À l’heure dite, chaque soir, sous l’œil à la fois sombre et illuminé de l’irremplaçable Billie Holiday, figure tutélaire du « Tanjazz », sur la place de la Nation noire de monde, c’était concert gratuit. La nuit était fraîche, comme souvent dans cette ville balayée par le vent, lorsque les New-Yorkais de Circular Time, musiciens noirs, chanteur blanc, sont entrés sur scène, à 20 heures précises, ordre public oblige. Et comme tout arrive dans cette ville, la rue tangéroise est vite entrée dans la danse. Des Américains à Tanger, ça réveillait des souvenirs, et le Soul Makossa façon Circular Time charriait brusquement avec lui toutes les fusions cachées de cette ville où plane encore l’ombre d’un célèbre romancier anglo-saxon, Paul Bowles, mégot blanc pendant au bout du fume-cigarettes noir. Un peu plus loin, dans le restaurant d’un vieil hôtel, l’heure était à une reprise de la Colegiala, entre Colombie et Antilles, à la grande joie de la bourgeoisie locale… Peut-être à patte du maître cubain Chuchito Valdès et du Havana Street Band.

  • Korn revient en promotionnant le jeu « Haze » sur Playstation 3

    C’est un peu comme la poule et l’œuf, mais version néo-métal. Korn revient en promotionnant le jeu « Haze » sur Playstation 3. Mais la chanson associée au lancement fait aussi l’objet d’un single du groupe. En réalité, on ne sait plus quoi promotionne qui…

     

    haze.JPGC’est une association lourde en bruit et en dollars qui vient a été annoncée. La compagnie Ubisoft et les néo métalleux de Korn ont en effet décidé de bosser main dans la main sur le lancement d’un nouveau jeu vidéo sur Playstation 3 appelé Haze : sortie le 22 mai. Le deal (car il ne s’agit pas uniquement d’une belle histoire d’amour…) prévoit que la chanson Haze, qui vante bien sûr les mérites du jeu, sera téléchargeable à partir de celui-ci : mais aussi à partir des plateformes normales et habituelles, comme un vrai single qu’elle est aussi.

    Et comme les membres de Korn ne veulent pas se mettre à dos les acheteurs d’albums CD, le titre est aussi trouvable sur diverses nouvelles versions à bonus (au Japon, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande) de leur dernier disque. Il est donc très difficile pour un fan du groupe, même mal informé, d’échapper à « Haze »….

  • Destination Tanger : Jazz ensoleillé

    Tous les ans, juste avant que l’été ne s’installe, Tanger vit durant cinq jours à l’heure de la musique. Placé sous l’égide du jazz, ce festival de jazz est à l’image d’une ville qui voit s’accroître la population à grande vitesse : il grandit, sans perdre cette convivialité qui est sa marque. Nous sommes allés voir sur place. Reportage entre ciel et mer, entre Méditerranée et Atlantique et comme on dit à Tanger : « Get high before you fly ! »

    tanger.JPG

    Place Ibéria, Rue des Anglais, Rue des Juifs, Quartier California… Une simple promenade à pied dans les rues de Tanger vous rafraîchit la mémoire : vous êtes en terre marocaine, mais le passé international de cette ville située au carrefour de la Méditerranée et de l’Atlantique est lisible partout. Il y a les noms des rues, mais il y a aussi les cimetières, l’allemand, le français, l’espagnol, jusqu’au cimetière des chiens anglais, et ce n’est pas une blague. Tanger, longtemps ville juive, a servi de refuge à des femmes et des hommes venus de partout.

    C’est donc très naturellement que vient de s’y tenir la neuvième édition d’un festival de jazz ouvert à toutes les influences musicales. Une façon de renouer avec cette époque où dix-neuf nations administraient en commun la ville, chacune rivalisant pour offrir la plus belle réception, le plus remuant thé dansant, avec des disques tout droit venus des Etats-Unis.

    Le jazz s’était accidentellement arrêté de tourner à Tanger ; par l’entremise d’un ancien publicitaire français reconverti en amoureux de la ville (et de la musique), Philippe Laurin, le voilà de nouveau en cours.Aujourd'hui il est bien implanté avec tanjazz