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27.05.2008
Nos amis financiers
Tom Waits passe prochainement au Grand Rex. L’occasion de voir un mythe passer devant ses yeux, sauf que le prix du billet moyen est équivalent au P.I.B. de la Belgique , et que du coup, le mythe se passera de moi. Déjà que les mômes sont réticents à l’idée de claquer 100 balles pour un disque, mais près de 1 000 balles pour une place de concert, faudrait voir à pas trop se foutre de la gueule du monde. Habituellement, je colle une image, ou un bout de son pour agrémenter mon petit mot, mais là, j’ai un peu peur de casquer des arriérés qui mettraient en péril mon P.E.L.
Neil Young avait fait le même coup en février dernier… On imagine bien le gars Tom appeler le lascar Neil pour lui demander quelques conseils. Financiers, forcément financiers.
- Salut Tom !
- Salut Neil !
- Alors mon con, çà baigne ?
- Ouais pas mal, et toi ? Il paraît que tu vas faire le Grand Rex ?
- Ouais. C’est bien comme salle ?
- Oui, c’est plutôt bien décorer, et puis il y a plein de beaux pigeons sur le rebord des balcons.
- Ah bon, ils ont installé un refuge pour piafs ?
- Non, mais au prix où on vend les places, y’a bien que des pigeons pour se pointer !
- C’est vrai que sur ce coup là, on se fait pas chier !
- Tu comptes te payer quoi pour ce prix là ?
- J’ai repéré un putain de déambulateur en or massif, il déchire sa race ! Et toi ?
- Je n’ai pas arrêté mon choix, un cendar en or incrusté de diamands…. Une horloge de chez Rollex… On verra.
- Tu te souviens de l’époque où tout le monde pouvait se payer nos billets ?
- Ouais, qu’est-ce qu’on était con !
- C’est vrai que c’est quand même plus classe de voir les costards cravates propre sur eux devant nous que des morveux qui viennent nous voir les larmes aux yeux.
- Tu m’étonnes, j’aime pas les jeunes. Cà fume, çà gueule, pis surtout, çà paye pas les impôts.
10:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : tom waits; neil young; le grand rex
23.05.2008
Coup de mou
Des jours comme çà, où l’on tenterait bien de dire un truc pour faire rire son voisin, mais faire rire quand on n’a pas spécialement envie de rire, ce n’est pas si évident. Alors, on ne dit rien, c’est plus simple. C’est plus en rapport avec la situation. C’est plus sincère aussi.
11:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.05.2008
THE DEAD C
Aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je suis en grè... Ah bah non, tiens, je bosse. Bon, je recommence. Aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je ne paye pas mes imp…. Ah bah non, tiens, faut que je pense à remplir ma déclaration d’impôts. Bon, aujourd’hui, comme tout bon fonctionnaire, je suis sorti de mon appartement, tous frais payés, de 250 m² et je…. Ah bah non, tiens, en plus, faut que je casque mon loyer pour mon 55 m². Merde, je vais finir par trouver. Aujourd’hui comme tout bon fonctionnaire, je suis sorti dans la rue, et tout allait bien, j’étais entouré de gens charmants, les flics m’ouvraient la route, les gens me souriaient, me laissaient passer, me félicitaient, me… Ah bah non, tiens, ce matin, sur le périph’ noir de monde, un mec m’a traité de connard, tout çà parce que j’ai refusé de me coller au cul de la bagnole de devant pour que le blaireau de derrière puisse gagner 5 secondes sur son planning.
Alors, finalement, pour oublier tout çà et ne plus entendre le fracas persistant du monde extérieur, j’ai glissé l’album de THE DEAD C, et croyez moi, on relativise ensuite.

Pas grave, car en bon fonctionnaire, j’ai pu prendre un café jusqu’à environ 09 h 30 de l’après-midi en comptant les bagnoles rouges qui passaient dans la rue au lieu de recevoir le public. J’ai pu bénéficier d’un repas gratuit au frais du contri… Ah non, tiens, je l’ai payé mon sandwich…
Mais alors, finalement ? Moi, fonctionnaire, je ne suis peut-être pas un animal ? Ni Elephant man ? Si çà se trouve, je suis un être humain. Comme les autres ! La vache, çà fout les miquettes.
14:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : the dead c; noise; fonctionnaires
20.05.2008
Nostalgie camarade!
Aujourd’hui, je me sens dépassé. Par les évènements, par le temps qui passe, par la Porsche sur le périph’, mais bon, çà, c’est logique, je n’ai qu’une familiale.
Je suis un amoureux des disques. Un vrai, un pur, et si ceux de ma colonne sont déjà écrasés, ceux de ma discothèque sont en bon état, aussi vieux qu’ils puissent être. Je dis çà car, j’ai récemment pris conscience de ce que j’ai connu et de ce que mon fils ne connaîtra peut-être jamais. Quand j’étais gosse, j’admirais les disques en vinyle de couleur de mon père (rose, blanc, bleu, transparent, orange…). Je les regardais tourner sur la platine, et écoutais religieusement la moindre note, puis le temps a passé, et en 1983, il a acheté une platine CD.

Et là, déjà, ce n’était plus la même chose. Les pochettes ne sentaient plus le vieux carton, on ne pouvait plus les ouvrir comme un livre, ils étaient minuscules, alors que les vinyles, ils étaient presque aussi grands que moi, j’étais encombré et malhabile avec.
Et puis, j’avais beau regarder, plus moyen de les voir tourner. De toute façon, ils tournaient trop vite, bien trop vite pour lire le rond central.
Enfin, ni craquement, ni sillon, ni diamant posé dessus. Juste un bout de plastique moche qui se faisait avalé sans bruit. Sans vie. Certes, 20 ans après, on pouvait l’écouter encore et encore, mais bon, le plaisir n’était plus le même.
Et aujourd’hui alors ? Alors, les disques se trouvent sur internet, en deux clics, sans le plaisir d’aller fouiller un rayon et de tomber par hasard sur un chef d’œuvre qu’on recherche depuis des lustres. Et les lecteurs ? Aussi gros qu’un timbre poste, aussi froid qu’un frigo.
Je n’évoque pas le contenu, car chacun voit midi à sa porte, même si, là encore, je sens bien que je ne suis plus à l’heure. On préfère télécharger en masse une sonnerie de portable à la con plutôt que de claquer le moindre centime pour acheter un disque.
Et la prochaine génération alors ? Aura-t-elle un baladeur mp3 directement greffé dans le fondement, histoire de rester en accord avec la musique écoutée ? Pourra-t-on appeler directement l’artiste pour qu’il vous chante son dernier titre ?
« - Allô ? Pascal ?
- Oui ?
- Tu peux me chanter ta dernière merde ?
- Ben, il est trois heures du mat’ !
- Oui, mais j’ai un besoin vital !
- D’écouter ma musique ?
- Non, de faire chier mon voisin Ducon ! »
Mais je résiste comme je peux. Je prouve que j’existe comme dirait cette sacrée France. Et la relève est assurée. L’autre jour, je me baladais dans un magasin dont je tairai le nom, et j’étais avec mon fils de 21 mois. Je farfouillais les rayons, comme j’aime tant le faire… Mon gosse s’est posé à côté de moi, m’a regardé faire, puis, dans la pile d’à côté, s’est mis à faire la même chose. Prendre le disque, le retourner, le regarder, le reposer…. Il me regardait en bredouillant son baveux « Papa… ». La vache, j’étais fier. Jusqu’au moment où j’ai vu qu’il avait un disque de Phil Collins dans les pognes, le p'tit con!
Maintenant qu’il sait comment chercher les bons disques, va peut-être falloir qu’il apprenne à les trouver.
14:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.05.2008
Viaduc
- Tu fais le pont?
- Ouais, enfin, le viaduc.
- Comment çà?
- Ben ouais, je reviens seulement mardi!
- Et ton blog, tu vas faire une note?
- T'es gelé ou bien? Dans 2 heures, j'ai presque une semaine de break, tu crois quand même pas que je vais m'emmerder pour le peu de tocards qui me lisent!
Ah, pardon, vous étiez là? Bon, ben, bon jour férié, bon pont, bon week-end et bon nie & Clyde!
14:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
05.05.2008
CA TEUTONNE?
Ah…. L’Allemagne. En voilà un pays à peu près aussi excitant qu’une endive trop cuite dans sa béchamel tournée. Avant, il y avait la RDA et la RFA. Le mur écroulé, l’Allemagne réunifiée s’est construite une identité… Mais bon, si on devait retenir quelque chose de l’Allemagne culturellement ? Certes, Lang (Fritz hein, pas Jack, un peu de sérieux tout de même….), certes Goethe, certes Ruben, certes Beethoven, mais bon, Derrick aussi, la choucroute aigre de nos dimanches foirés, l’accent tue l’amour qui vous transforme la plus belle des sirènes en routier moustachu pas sympa qui veut vous conter fleurette sur le bord de la route entre deux saucisses… Bref, ce n’est pas pour dire, mais les allemands cumulent. Et musicalement, c’est carrément catastrophique. Une tornade, un tsunami, les big-bang du mauvais goût. Comme si nous n’avions pas assez des nôtres, il a fallu qu’ils exportent leurs boutonneux. Tokyo Hotel. Rien que le nom me donne envie de torturer des chatons au fond d’une baignoire.
Question bouffe, c’est souvent aussi fin que culturellement… Au menu, charcuterie, patates et charcuterie. Le tout noyé sous un tonneau de houblon bien épais. La bière là-bas, n’est bonne que si elle est consommée directement dans un bocal.
Je sais, j’exagère, je crache des clichés mousseux qui sentent le graillon, mais il faut bien reconnaître que les Allemands, çà fait un moment qu’ils ne pondent plus grand chose. Pourtant, il y eut une époque ou les Teutons étaient bons. Surtout en musique. A la fin des années 60 et au tout début des années 70 par exemple. C’est environ à cette période que vit le jour le krautrock. Je ne m’étendrais pas sur l’histoire de ce mouvement, vous avez le lien qui le fera mieux que moi.
Tout çà pour dire que l’Allemagne, j’y suis allée trois fois. Et à part le fait que j’ai longuement peloté ma copine au fond du car scolaire lors de mon dernier voyage, que j’ai vomi deux repas sur trois, qu’on s’est fait coursé, moi et mon pote, par des fachos (je ne considère pas tous les allemands comme des fachos, très loin de là), que j’ai écouté ce qui se fait de pire en techno et que j’ai pris une cuite mémorable parce que j’ai bu un tord boyau maison à jeun, le matin en me levant, je n’ai pas gardé grand-chose comme souvenirs. Si ce n’est qu’en allant en Allemagne, nous sommes passé par la frontière Belge (et oui, à l’époque, il y avait encore des frontières….), et que la première chose que j’ai vu en entrant en Belgique, c’est un panneau STOP. Posé à l’envers. Comme quoi, l’Allemagne, c’est pas terrible, mais y’a pire ailleurs.
13:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : krautrock; can; faust;



