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  • Guillermo Klein y Los Guachos : Live in Barcelona

    barcelona.JPGLes clichés ont la vie dure. Il y a toujours quelqu'un pour les remettre en cause sous prétexte qu'ils ne correspondraient pas à la réalité. Un cliché utile qui court dans le jazz, notamment américain, depuis quelques décennies maintenant est le fossé irréconciliable entre conservateurs et révolutionnaires.

    D'un côté ceux qui aiment le swing de la tradition et ceux qui l'entretiennent, qui ont fait de Wynton Marsalis leur Dieu. De l'autre ceux qui ne conçoivent le jazz qu'à travers une démarche de radicalisation toujours plus poussée, qu'ils soient apôtres du free regroupés autour de William Parker ou iconoclastes de la Downtown Scene glorifiant John Zorn. Entre ces deux extrêmes, rien. Et bien entendu, jamais ces deux communautés ne se rencontrent. Il est vrai que, malgré ses imperfections (quid de Steve Coleman ?), ce cliché a été assez structurant ces vingt-cinq dernières années pour que les circuits new-yorkais, et par conséquent mondiaux, de ces deux jazz ne se recoupent que peu fréquemment (en fait plus souvent qu'on ne veut bien le dire, mais les fans étant plus obtus que les musiciens, il ne faut pas trop l'ébruiter).

    Mais, comme tout cliché qui connait un trop grand succès, arrive donc le jour où il explose en plein vol. Depuis la fin des années 90, le coeur du jazz mondial (NYC) s'est remis à bouillonner, bien au-delà de ses seuls marges post-free. Et la génération de musiciens (aujourd'hui trentenaires) au coeur de ce bouillonnement n'est ni conservatrice ni révolutionnaire. Pas de bruitisme à s'exploser les tympans. Pas non plus de bop bien léché comme autrefois. Non, une musique qui maintient incontestablement un cadre jazz, mais pour inventer de nouveaux codes à l'intérieur de ce cadre. Il ne s'agit plus ni de faire exploser le cadre, ni de se contenter d'en suivre indéfiniment les contours. Jouer du jazz au lieu de jouer avec le jazz.

    Bizarrement le label le plus actif quant à la documentation de ce "jazz réformiste" (Fresh Sound New Talent) n'est pas américain mais espagnol. Et pour corser le tout, Guillermo Klein, dont il est question dans cette note, est un pianiste argentin. Mais il a vécu à New York de 1995 à 2002 et a été l'un des fers de lance de cette régénération à la tête de son big band Los Guachos. En 2003, Klein s'est installé à Barcelone. Le disque à l'honneur ici est le résultat de ce parcours.